L’aperçu des nouveaux albums : Triggerfinger, Tom Morello et plus

Chaque semaine, des dizaines de nouveaux albums arrivent dans la rédaction de Maxazine. Bien trop pour tous les écouter, et encore moins pour les critiquer. Une critique par jour fait que trop d’albums restent sur l’étagère. Et c’est dommage. C’est pourquoi nous publions aujourd’hui un aperçu des albums qui arrivent dans la rédaction sous forme de critiques courtes.

Aborym – Metachaos

La formation italienne Aborym a été fondée en 1992 par le multi-instrumentiste et leader Malfeitor Fabban. Aborym a connu de nombreux changements de formation avec des noms connus tels qu’Attilla Csihar et Faust. Le style évolue également constamment. Après des incursions dans le rock industriel et des expérimentations électroniques sur les albums “Shifting.Negative” et “Hostile”, Fabban décide de revenir au mélange extrêmement brutal d’industrial black metal, de grindcore et de cyber-metal extrême que l’on pouvait entendre sur les quatre premiers albums du groupe. Pour reproduire ce son, Malfeitor Fabban fait appel au batteur Atum et au guitariste Munholy. Fabban a également fait appel à toute une série de musiciens invités, Patrick Mameli (Pestilence), Tommy Talamanca (Sadist) et Chris Cannella (Malevolent Creation) étant présents sur l’ensemble de l’album. Ils apparaissent à différents endroits pour ajouter des solos, des parties de guitare supplémentaires ou des accents vocaux. Le guitariste Noralf Venås (Helheim), Tapio Wilska (ancien chanteur de Finntroll) et Brisen, un musicien qui fait partie du groupe de black metal underground Dungeon, jouent également sur “Metachaos”. Pour les personnes qui aiment les quatre premiers albums d’Aborym, et par là je veux notamment dire “With No Human Intervention” (2003), “Metachaos” est un bel ajout à la collection de disques. Je recommande également cet album aux amateurs de Mysticum, Anaal Nakrath, Thorns et Dødheimsgard (DHG). (Ad Keepers) (7/10) (Avantgarde Music)

Rachel Spencer – The Next Right Thing

Une thèse pour ses études. C’est la raison de ce premier album de la trompettiste et compositrice américaine Rachel Spencer. Pour son Doctor of Musical Arts, elle s’est plongée dans l’univers du trompettiste Blue Mitchell, une légende du hard bop. Son style, son influence sont indéniables dans les sept compositions que Spencer a enregistrées pour “The Next Right Thing”. “Steamrollin” peut surtout être considéré comme un hommage à Mitchell. Spencer fait dialoguer sa trompette avec un saxophone alto et un trombone, ce qui fait littéralement rouler le morceau sur vous. Il aurait pu y avoir davantage de morceaux de ce genre sur l’album. Spencer ralentit toutefois régulièrement le rythme. “Liminal Spaces” et “Essential Company” peuvent être des morceaux majeurs du point de vue des compositions, mais il nous manque tout de même de la conviction. Cela vient du fait que le jeu de Spencer est techniquement parfait. Peut-être même trop parfait. L’Américaine reste dans les limites, également dans les solos. Et puis cet album s’éteint comme une bougie. La bonne nouvelle, cependant, est qu’il s’agit ici d’un premier album. Un premier album prometteur et maîtrisé. Peut-être moins étudier et simplement jouer ? (Jeroen Mulder) (6/10) (Rachel Spencer)

Bloodstain – Bloodstain

Le groupe suédois Bloodstain me surprend agréablement avec son premier album éponyme. Bloodstain a été fondé à Stockholm fin 2023. Ils participent au concours musical local Lidingö Rock, où ils décrochent immédiatement la deuxième place ainsi que le prix du meilleur guitariste. En mars 2024, Bloodstain sort indépendamment son premier EP “I Am Death”. Cet EP permet à Bloodstain d’obtenir une place dans The Rising Four Tour. Lors de leur concert au célèbre club Debaser de Stockholm, Bloodstain attire l’attention d’Alex Hellid, guitariste d’Entombed. Hellid signe Bloodstain sur son label Threeman Recordings. Après la sortie de “I Am Death”, le chanteur/guitariste Linus Lindin quitte le groupe. Tobias Lindström est recruté comme nouveau guitariste et le guitariste Oskar Lindroos prend également en charge le chant. Il est difficile de mettre une étiquette sur la musique de Bloodstain. C’est un mélange de heavy metal traditionnel, de thrash et de hard rock classique. Pour ma part, cela n’est pas dérangeant, mais je peux imaginer que certains lecteurs puissent trouver cela trop diversifié. La roue n’est pas réinventée, mais l’exécution et la crédibilité sont excellentes. (Ad Keepers) (8/10) (Threeman Recordings)

Triggerfinger – Tarmac

Plus de neuf ans séparent “Colossus” de ce nouvel album de Triggerfinger. Entre-temps, le groupe a également dû faire ses adieux au bassiste Paul Van Bruystegem, décédé en 2025. “Lange Polle” a quitté le groupe en 2023 pour se consacrer à son propre projet Mr. Paul & The Lowriders, qui n’a malheureusement pu produire qu’un seul album. Revenons à “Tarmac”, qui, à en juger par l’énergie des morceaux, est un nom bien choisi. Comme l’asphalte, cet album semble être composé, sur le plan sonore, de pierre, de gravier et de sable, une substance collante servant de liant. “Tarmac” sonne toujours comme on peut l’attendre de Triggerfinger : compact, brut et allant droit au but. Pourtant, malgré une durée relativement courte, l’album manque quelque peu d’espace ouvert, ce qui permettrait aux morceaux de mieux respirer. Le son semble parfois étouffé, ce qui est peut-être lié à l’envie d’expérimenter et à l’utilisation de boîtes à rythmes, de boucles et d’autres gadgets électroniques. Le jeu organique du batteur Mario Goossens passe ainsi un peu plus à l’arrière-plan, tout comme l’apport que Monsieur Paul apporte toujours avec lui. Dans le même temps, il faut mettre au crédit du duo de vouloir réinventer son son. Cela produit sans aucun doute une énergie et une dynamique retrouvées. La question reste de savoir si cela saura convaincre tout le monde. Sur scène, ils feront cependant sans aucun doute toujours trembler les murs. (Bart van de Sande) (7/10) (Sony)

Tom Morello – Everyone Gets Everything They Want

Tom Morello considère “Everyone Gets Everything They Want” comme son premier véritable album solo de rock, et on le ressent immédiatement lorsque le disque démarre. L’ancien guitariste de Rage Against the Machine va droit au but, avec des riffs explosifs et des textes qui s’en prennent directement à l’injustice, au racisme et aux mensonges politiques. Le morceau d’ouverture “Beth From Electronics” monte progressivement vers le titre éponyme, dans lequel le jeu de guitare de Morello et un texte à moitié parlé, à moitié crié fusionnent pour former une ouverture percutante. Sur “Adjourn It”, Serj Tankian se joint à lui, tandis que son fils Roman Morello joue de la guitare, et ensemble ils livrent une déclaration tonitruante contre la xénophobie. Le duo de rap irlandais Kneecap fait une apparition sur “Unconquered”, tandis que Beartooth intervient sur le puissant “Everything Burns”. Des moments plus calmes comme “They Can’t Kill Us All” et la ballade au piano “I Am Not Yours To Command” montrent que Morello peut également produire un impact sans être à pleine puissance. L’ensemble paraît parfois un peu désordonné en raison des nombreux styles et invités, mais l’énergie et la conviction jaillissent des haut-parleurs. Pour les amateurs de rock contestataire, c’est exactement ce qu’ils attendaient. (Daniel Harris) (7/10) (Mom + Pop Music)