Chaque semaine, des dizaines de nouveaux albums arrivent à la rédaction de Maxazine. Beaucoup trop pour tous les écouter, encore moins pour les critiquer. Une critique par jour fait que trop d’albums restent sur l’étagère. Et c’est dommage. C’est pourquoi nous publions aujourd’hui un aperçu des albums qui arrivent à la rédaction sous forme de critiques courtes.
Tragik – Propaganda Elite
Le manque d’inspiration ne peut certainement pas être reproché au groupe américain de hard rock Tragik, ou plus précisément à l’homme à tout faire et multi-instrumentiste Phil Vincent. Avec une moyenne d’environ un album par an, il publie depuis 2007 des albums qui atteignent tous un niveau élevé. Sur “Propaganda Elite”, il est une nouvelle fois accompagné du batteur Dirk Phillips et du bassiste Damian D’Ercole. Le guitariste britannique Vince O’Regan est également de retour en tant que musicien invité régulier et se charge de ses reconnaissables solos de guitare lead enflammés. Tous les autres instruments sont joués par l’infatigable musicien Phil Vincent lui-même. Il a également écrit toutes les chansons et est responsable de l’excellent son de l’album qu’il a produit et mixé. Le morceau d’ouverture “Bushwacked” risque de surprendre les fans en raison de son rythme fougueux flirtant avec le metal, mais le reste de l’album porte la signature bien connue de Phil Vincent. Le meilleur morceau est “Ego Trip”, d’une durée de plus de huit minutes, dans lequel on entend tout ce qui caractérise Tragik. L’album contient également une reprise, à savoir “Joy to the World” de Three Dog Night. (Ad Keepers) (8/10) (Rock Company)

FLO – Therapy At The Club
Le trio britannique de R&B FLO sort son deuxième album studio avec “Therapy At The Club”, et ce titre tient exactement sa promesse : seize morceaux qui accompagnent toute une nuit, de l’excitation des premiers instants jusqu’à la gueule de bois du matin. Avec, entre autres, Amy Allen, Steph Jones et Julian Bunetta, Jorja Douglas, Renée Downer et Stella Quaresma ont écrit un album qui réunit le désir, le chagrin d’amour et la confiance en soi dans des sonorités R&B sombres et rêveuses. Le premier single “Leak It” est un tube pop assuré qui fait référence aux groupes féminins avec lesquels les trois chanteuses ont grandi, tandis que le morceau-titre “Therapy At The Club”, accompagné d’un piano, dévoile un côté plus vulnérable derrière l’assurance de la piste de danse. Des morceaux comme “Don’t Break Her Heart” maintiennent une énergie élevée sans abandonner le fil émotionnel de l’album. FLO combine avec aisance l’assurance d’une soirée entre amis et la sincérité d’un journal intime, et ce contraste rend l’ensemble étonnamment cohérent. “Therapy At The Club” confirme que le groupe a désormais trouvé sa propre identité sonore dans le R&B contemporain. (Tobias Braun) (7/10) (Republic Records / EMI)

Haken – in a fever dream
Le nouvel EP de Haken s’intitule “in a fever dream” (en minuscules). Il débute calmement, mais plusieurs éléments metal apparaissent naturellement ensuite. Les différentes couches sonores sont bien réparties dans le casque. On a l’impression que le morceau se termine, mais il s’agit d’une transition vers une partie minimaliste. On entend l’émotion dans le chant, puis plus tard dans les growls. Dans “delirium”, la musique comporte des éléments et des sonorités déroutants, tandis que le chant semble parfois déformé. On ressent le combat d’une personne enfermée dans un délire… impressionnant. Le chant saccadé et déformé de “eclipsed by you” dure assez longtemps, mais il correspond parfaitement à l’étrange sensation des rêves de fièvre. Dans “bleeding sky”, on a l’impression d’être suspendu entre le sommeil et l’éveil. Le chant et la musique jouent constamment entre le positif et le négatif. La transition entre les sons échantillonnés et les oiseaux qui sifflent est étonnante. Le personnage principal de “lotus” paraît parfois fragile, puis puissant à d’autres moments. Quelques phrases sont interprétées en growl. Elles sont suivies d’une partie minimaliste aux sonorités de piano. Les ‘chœurs’ apportent un supplément appréciable. La montée vers la fin est remarquable. Une fois l’écoute terminée, je laisse encore cette EP conceptuelle faire son chemin dans mon esprit. (Esther Kessel-Tamerus) (8/10) (InsideOutMusic)

The Sweet – Live At The Capitol (Hanover 1991)
(The) Sweet nous offrent un aperçu de leur passé en publiant du matériel live qui était resté dans les archives, mais qui mérite assurément de voir le jour. Nous avions déjà été agréablement surpris par l’album “Sweet Fanny Adams Revisited”, qui proposait des enregistrements restaurés du difficile à trouver album live de 2012. Avec cet album, nous remontons encore plus loin dans le temps. Vingt ans, pour être précis. Les enregistrements datent de 1991 et présentent un groupe qui tente désespérément de se débarrasser de son image glam rock tout en revenant malgré tout aux grandes heures du glam rock du début des années 1970. Le choix des morceaux en est quelque peu déséquilibré. L’album est composé principalement de solides morceaux de hard rock, mais les succès comme “Fox On The Run” et “Ballroom Blitz” sont également présents, même s’ils sont interprétés de manière plus musclée que dans leurs versions originales des années 1970. Rien d’étonnant avec des musiciens ayant joué auparavant dans des groupes comme Lionheart et Michael Schenker Group. Cette réédition me procure également énormément de plaisir. (Ad Keepers) (8/10) (Metalville)

The Hu – Hun
Avec leur premier album “The Gereg”, The Hu se sont immédiatement imposés sur la scène internationale en 2019. Le groupe mongol est parvenu à réunir de manière convaincante des instruments traditionnels, un chant diphonique caractéristique et du metal moderne. Ce mélange remarquable leur a également ouvert les portes des grandes scènes en dehors de la Mongolie. L’album suivant, “Rumble of Thunder”, a poursuivi dans cette voie. L’effet de surprise des débuts avait en grande partie disparu, mais le groupe avait progressé tant dans la composition que dans l’interprétation. Avec “Hun”, The Hu poursuivent cette évolution avec conviction. Le groupe reste fidèle à ses racines culturelles tout en intégrant soigneusement des influences du metal occidental dans son propre son. C’est précisément cet équilibre qui distingue le groupe dans le genre. “Hun” met clairement l’accent sur l’histoire mongole, les ancêtres et le lien séculaire avec les chevaux et les cavaliers. Des morceaux comme “Echoes of My Father” et “Horsemen” en sont l’illustration. L’instrumentation authentique et le chant dans leur langue maternelle confèrent aux compositions une identité propre, tandis que l’émotion dépasse sans effort la barrière de la langue. The Hu continuent d’évoluer et de peaufiner un son immédiatement reconnaissable sans jamais renier leur identité culturelle. Avec “Hun”, The Hu prouvent qu’ils sont un groupe à ne surtout pas manquer, en particulier sur scène. (Bart van de Sande) (8/10) (Better Noise)

