L’aperçu des nouveaux albums : Gavin Friday, Ellie Goulding et plus

Chaque semaine, des dizaines de nouveaux albums arrivent à la rédaction de Maxazine. Bien trop nombreux pour tous les écouter, encore moins pour les critiquer. Une critique par jour fait que trop d’albums restent sur l’étagère. Et c’est dommage. C’est pourquoi nous publions aujourd’hui un aperçu des albums qui arrivent à la rédaction sous forme de critiques courtes.

Kingcrown – Moonfall

Kingcrown est un groupe français de power metal fondé en 2018 par les frères Jo et David Amore, anciens membres du groupe culte Nightmare. En 2015, ils lancent le projet ‘Oblivion’ après leur départ de Nightmare. Après le premier album “Resilience” (2018), les frères décident de changer le nom du groupe en Kingcrown, qui convient mieux à la musique qu’ils jouent. Le style musical de Kingcrown est enraciné dans le power metal européen et surtout allemand. En effet, Kingcrown sonne plus allemand que les Allemands. Le groupe s’inspire de formations comme Helloween, Gamma Ray et Masterplan, et cela s’entend clairement. “Moonfall” est un bon album de power metal, dont le seul point critique est qu’il manque d’originalité. (Ad Keepers) (7/10) (Rockshots Records)

Emil de Waal Old News – Novelties

Le clarinettiste Elith ‘Nulle’ Nykjær est décédé en 2023 et avec lui, le groupe danois Old News a perdu un musicien qui imprimait une marque forte sur le son de la formation. Cela aurait pu être la fin d’Old News. Le batteur Emil de Waal, également actif au sein de Kalaha, a cependant décidé de ne pas dissoudre le groupe, mais de continuer et d’emprunter une nouvelle voie. En Henriette Groth, une nouvelle clarinettiste a été trouvée, possédant son propre style et, de ce fait même, à nouveau déterminante pour la sonorité d’Old News. Bien que “Novelties” laisse croire le contraire dans sa présentation, De Waal joue principalement au second plan. Avec un jeu de batterie subtil, il dirige certes les morceaux, mais il ne s’impose nulle part. “Novelties” est ainsi devenu un album très différent de ce que nous connaissons d’Old News. Pour commencer, cet album ne contient aucune reprise, mais uniquement des compositions originales dans lesquelles le groupe puise dans divers genres de jazz. ‘Scrap Rag’ est le morceau le plus “classiquement jazzy” de l’album. ‘I Am Nobody’ avec le chant de la chanteuse invitée Randi Laubek n’aurait pas juré sur maint album de prog ou d’art pop. “Novelties” est un album varié, même si beaucoup de choses tournent encore autour de la clarinette, ce qui constitue en soi un bel hommage à Nykjær. Tantôt improvisant de manière rêveuse, tantôt voltigeant avec espièglerie dans un thème aux accents baroques comme dans le titre de clôture “Nuntii Veteres”, du latin pour anciennes nouvelles. Mais si “Novelties” n’est pas une chose, c’est bien de l’ancienne nouvelle. (Jeroen Mulder) (8/10) (April Records)

Apocælypse – Fænix

“Fænix” est le premier album d’Ira Black, surtout connu comme guitariste de groupes comme Vio-Lence et Metal Church. Avec Apocælypse, il puise cependant dans un tout autre registre musical. Non seulement il chante désormais aussi, en plus de jouer de la guitare, mais il fait également une musique différente. Le thrash metal a fait place à un metal moderne dans le style de Disturbed et Five Finger Death Punch. Rien de surprenant quand on connaît les noms de la section rythmique. Le bassiste Matt Snell a joué chez Five Finger Death Punch et le batteur Lonny Pasillas a gagné sa vie auparavant chez Kill Devil Hill et Deadsett. Le line-up est complété par le fils d’Ira, Ira Black IV, qui, tout comme Ira lui-même, joue de la guitare sur “Fænix”. L’album balance entre thrash classique et groove metal moderne. De ce fait, sur le plan musical, ce n’est ni chair ni poisson et les fans de thrash comme les fans de groove metal moderne, tout comme le soussigné, ne sauront pas trop quoi faire de ce premier album d’Apocælypse. (Ad Keepers) (6/10) (Napalm Records)

Gavin Friday – Decadance, The Ecce Homo Orchestra Reworks

‘Voici l’homme’, autrement dit ‘Ecce Homo’, était le dernier album de Gavin Friday datant de 2024. Sa production d’albums est de nature sommaire, mais voyez : deux ans plus tard, Friday arrive bel et bien avec un remaniement orchestral de la musique de “Ecce Homo”. Même si le mot ‘orchestral’ est bien loin de la réalité dans ce contexte. Il s’agit en effet d’un album entièrement électronique, sur lequel des remaniements de plusieurs morceaux de l’original sont forgés ensemble pour former un tout électronique continu. L’électronique fonctionne comme un orchestre, qui soude la musique dans un style nettement décadent. Le temps de ‘Just a Penny for the Poor I Ask’ est désormais loin derrière lui. Friday a cependant toujours eu un penchant pour la musique électronique, comme en témoignent aussi ses rares albums solo. Sur ces remaniements de “Ecce Homo”, cette électronique obtient pratiquement carte blanche. Il y aura sans doute des amateurs pour cela, même si d’autres décrocheront peut-être. Mais celui qui prend le temps de s’y poser découvre au fur et à mesure de plus en plus de couches, qui se dévoilent lentement au fil de l’album. Que cette sortie doive voler entièrement de ses propres ailes, ou qu’elle aurait tout aussi bien pu apparaître comme CD bonus avec l’album original, c’est à l’auditeur d’en juger. De la décadence, cela l’est assurément. (Bart van de Sande) (6/10) (BMG)

Ellie Goulding – I Know Too Much

Avec “I Know Too Much”, Ellie Goulding livre son sixième album studio, le successeur de “Higher Than Heaven” sorti en 2023. La chanteuse britannique présente un disque qui oscille entre une pop teintée de gospel, comme sur l’ouverture ‘Black Prada Dress’, et un folk sobre, audible dans ‘Always Think Of You’. Sur le plan thématique, l’album tourne autour de l’auto-illusion et de la douloureuse vérité derrière les relations échouées, une chose que Goulding exprime avec justesse dans ‘Misremember You’. Pourtant, la réalisation reste régulièrement bloquée dans la superficialité. Des morceaux comme ‘Jealousy’ et ‘Nobody Dances’ sonnent soignés mais peu audacieux, et manquent du sharp qui est promis par les paroles. Le producteur Jack Rochon opte pour des synthétiseurs légers et des rythmes électroniques carrés, ce qui fonctionne bien sur ‘For Your Entertainment’, mais crée ailleurs une atmosphère un peu distante. Le morceau de clôture ‘Ravers’, premier titre dance solo de Goulding, doit donner à l’album une perspective claire, mais ressemble plutôt à une expérience isolée qu’à une suite logique de ce qui a précédé. “I Know Too Much” montre une artiste en quête d’une nouvelle direction, sans la trouver pleinement. Ceux qui connaissent Goulding par ses travaux antérieurs entendront ici surtout une étape intermédiaire prudente. (William Brown) (7/10) (Polydor)