Chaque semaine, des dizaines de nouveaux albums arrivent à la rédaction de Maxazine. Bien trop nombreux pour tous les écouter, encore moins pour les critiquer. Une critique par jour fait que trop d’albums restent sur l’étagère. Et c’est dommage. C’est pourquoi nous publions aujourd’hui un aperçu des albums qui arrivent à la rédaction, sous la forme de critiques courtes.
Slug Comparison – Cold In Cold Out
Slug Comparison est le projet solo de Doug Harrison, chanteur de Fen. Sa musique solo se concentre sur le grunge et le rock alternatif qui ont émergé dans les années quatre-vingt-dix, avec une nette orientation acoustique. La voix de Harrison peut sonner claire et apaisante, mais possède aussi un côté brut, cobainesque. Avec ‘Cold In Cold Out’, il sert un aperçu sous la forme d’un EP avec six nouveaux morceaux. Le titre d’ouverture ‘Tongue of the Hollow’ dégage une atmosphère mélancolique qui semble provenir directement du début des années quatre-vingt-dix. La frappe typique sur la guitare acoustique vous ramène à l’adolescence, y compris les boutons et les problèmes d’un jeune adulte. Comme c me c’est différent pour ‘To Whom Would You Answer’, qui prend une sous-tension menaçante et oppressive avec une guitare wah-wah. Une explosion attendue n’a cependant pas lieu. ‘Back to the Word’ apporte une ambiance sombre à la Counting Crows et montre le chant polyvalent de Harrison. Le morceau se démarque donc nettement. L’instrumentation retenue se poursuit dans ‘Burden of Life’, après quoi le morceau-titre sonne de manière plus élaborée et moins acoustique. ‘No Healer’ conclut l’EP. Les comparaisons avec des groupes alternatifs des années quatre-vingt-dix sont légion, mais c’est précisément là que réside le charme. Harrison prouve qu’il a encore beaucoup à offrir en dehors de Fen. Vivement cet album! (Bart van de Sande) (8/10) (Autoproduction)

Severoth – Waves
Severoth est un projet solo ukrainien du multi-instrumentiste Illia Rafalskyi. Le projet a été fondé à l’origine en 2012 à Dnipro, mais opère désormais depuis Wrocław, en Pologne. ‘Waves’ est le septième album et contient de longs morceaux. Cinq des six morceaux durent environ dix minutes ou plus. Seul le titre de clôture ‘Glacial Dreams’ a une longueur “normale” et affiche 3:41. Le concept de ‘Waves’ date de 2023, lorsque Severoth était assis sur l’une des nombreuses plages noires de Grettislaug, en Islande. Le son d’une mer agitée forme la transition entre les morceaux et sert de fil conducteur à l’album. La musique est un mélange de black métal atmosphérique et d’ambient. ‘Waves’ contient une dose assez importante de pur ambient, ce qui peut paraître un peu longuet pour les amateurs de black métal. ‘Waves’ n’est pas (encore) le chef-d’œuvre de Severoth, mais à chaque album, il s’en rapproche d’un pas. Un très bon 7 pour ce bel album. (Ad Keepers) (7/10) (Avantgarde Music)

Peter Gall – Drum Seeds
Le batteur Peter Gall a remporté l’année dernière le German Jazz Prize Best Album avec ‘Love Avatar’. Mais au lieu d’un successeur dans le même style, Gall livre avec ‘Drum Seeds’ un album qui ne ressemble en rien au précédent. Plus encore: Gall choisit une approche radicalement différente en puisant dans l’électronique, le hip-hop, l’ambient et même le kraut. Dans les compositions, les batteries sont au centre et c’est exactement comme cela que Michael Reinboth l’entendait. Car cet album a en fait été conçu par le grand homme derrière le label Compost Records: Reinboth a convaincu Gall qu’il fallait un vrai album de batterie. Des batteries et une collection variée de toutes sortes de synthétiseurs vintage. Sur l’ouverture ‘Groove Receiver’, nous entendons deux kits de batterie sur lesquels Gall drape un tapis psychédélique hallucinant, provenant d’un Mellotron. Les titres révèlent souvent déjà une grande partie de l’instrumentation utilisée. ‘Prophet Juno’ est par exemple construit autour de sons d’un Roland Juno-60 de 1983. Du jazz? Pour cela, il faut faire preuve de patience avec ‘Drum Seeds’; ‘Zombie Satellite’ est l’un des rares morceaux qui trahissent le passé jazz de Gall. Après le trip-hop du morceau de clôture ‘Love Lost Bits’, nous restons quand même avec la question de savoir ce que nous avons bien pu écouter. Un album de batterie. Mais venu d’un autre univers. (Jeroen Mulder) (7/10) (Compost Records)

Paris Paloma – The Fatal Flaw
Avec ‘The Fatal Flaw’, Paris Paloma présente son deuxième album studio, le successeur du succès ‘Cacophony’ de 2024. Alors que ce premier album était principalement engagé socialement, l’auteure-compositrice-interprète britannique déplace ici le sujet vers la pluralité de l’amour, de l’inspiration artistique à l’acte politique. Le morceau d’ouverture ‘I Cry in Front of Paintings’ donne d’emblée le ton avec la ligne ‘I have something to say’, une déclaration qui colore tout l’album. Dans ‘Rothko’, Paloma se compare à une peinture dont les couches deviennent visibles, tandis que ‘Good Boy’, avec une production affûtée, pose un regard critique sur les attentes patriarcales. L’atmosphère western de ‘Silhouette on the Hill’ et la vulnérabilité retenue de ‘get her the fucking flowers’ montrent l’étendue de l’album, qui s’appuie sur des références à l’art, la mythologie et la littérature sans être forcé. La pièce finale ‘Beautiful Birds’ offre un point de repos après dix chansons intenses. Musicalement et textuellement, Paloma parvient à développer davantage son travail précédent, avec une voix qui alterne sans effort entre voix de tête et une sonorité plus grave et plus brute. ‘The Fatal Flaw’ confirme sa position comme l’une des voix remarquables du genre auteur-compositeur-interprète contemporain. (William Brown) (9/10) (Nettwerk)

Airbourne – Airbourne
Avec leur sixième album éponyme ‘Airbourne’, les rockeurs australiens enfoncent immédiatement la porte. Le morceau d’ouverture ‘Gutsy’ explose dans les enceintes sans détour, un hommage à Lemmy Kilmister et Bon Scott qui montre d’emblée ce que représente ce groupe. Pas de détours, pas de perfection de studio, juste des riffs ultra lourds et une section rythmique qui donne tout. ‘Kid In A Candy Store’ est du pur rock and roll sensuel, insolent et sans aucune gêne, tandis que ‘Sky High’ monte encore le volume vers un format de stade. Sur ‘Alive After Death (Last Plane Out)’, Joel O’Keeffe semble pour la première fois plus vulnérable, un morceau qui honore la mémoire de Lemmy sans devenir solennel. Plus loin, ‘Christmas Bonus’ et ‘Here She Comes’ maintiennent l’énergie sans effort, et ‘Rock N Roll Ya’ conclut le disque comme il se doit, fort, suintant et sans excuses. Airbourne fait sur cet album exactement ce qu’il a toujours fait, mais en plus fort et avec plus de conviction. Quiconque possède AC/DC et Motörhead chez soi entend ici un digne successeur. Pas de surprises, mais une sacrée fête. (Anton Dupont) (8/10) (Spinefarm)

