Chaque semaine, des dizaines de nouveaux albums arrivent à la rédaction de Maxazine. Beaucoup trop pour tous les écouter, et encore moins pour tous les critiquer. Une critique par jour signifie que trop d’albums restent en attente. Et c’est dommage. C’est pourquoi nous publions aujourd’hui un aperçu des albums reçus à la rédaction sous forme de courtes critiques.
WILLOW – The Thread
Avec ‘The Thread’, WILLOW présente son neuvième album studio, un disque qui se consacre résolument à la spiritualité, à la connexion et à l’invisible qui relie les êtres humains entre eux. Avec son producteur attitré Chris Greatti, elle poursuit l’exploration du son teinté de jazz de ‘Empathogen’, mais les arrangements résonnent ici de manière plus ouverte et plus précise. Le morceau-titre ‘The Thread’ et le single ‘Talk on the Hill’ révèlent une artiste qui laisse sa voix flotter avec aisance au-dessus de parties de guitare serrées. ‘Crush on Eternity’ alterne entre des explosions d’alt-rock et des chants superposés plus retenus, tandis que ‘The Present Moment’ souligne l’urgence de l’instant présent avec un rythme entraînant. WILLOW chante la connexion et la compassion sans tomber dans des clichés vagues, et c’est précisément cette combinaison de profondeur philosophique et de précision musicale qui rend ‘The Thread’ convaincant. C’est un album qui demande une écoute attentive, mais qui récompense largement l’auditeur avec des trouvailles mélodiques et une production chaleureuse et vécue. Avec ce disque, WILLOW confirme une nouvelle fois sa position comme une voix polyvalente de sa génération. (Elodie Renard) (8/10) (Three Six Zero Recordings)

Richard Spaven – Light of Day
Le pocket, c’est de cela qu’il s’agit. Maintenir un groove, extrêmement serré et défini, et trouver exactement le juste équilibre entre ce groove et le reste du groupe. Avec le batteur britannique Richard Spaven, on ressent le pocket. Ce n’est pas seulement une question de technique exceptionnelle, mais aussi et surtout de ressentir la dynamique d’une composition et de la transmettre aux autres membres du groupe. Ce ‘Light of Day’ en est le résultat. Les rythmes sont complexes et stratifiés, mais restent accessibles grâce à ce groove qui traverse les compositions comme un fil rouge. Sur les neuf morceaux que compte l’album, il n’est pas simplement possible d’y apposer une seule étiquette : Spaven intègre dans son travail des influences du jazz, du jazz rock, de la fusion et de la soul. On entend qu’il se sent véritablement chez lui en tant que batteur dans tous ces univers, comparable à quelqu’un comme Nate Smith dans son Kinfolk. Spaven fait avancer la composition, la dirige, mais laisse suffisamment d’espace aux instruments solistes, comme la trompette et le piano dans ‘Distant Signal’, qui possède une sensation ambient grâce aux accords de synthétiseur maintenus longtemps, avec un jeu de batterie très subtil. Un travail de batterie plus présent (remarquez les déplacements minimaux avec lesquels Spaven rend le roulement porteur réellement captivant) s’entend dans ‘Let Me Say It For You’ et dans le morceau-titre. Mais jamais cela ne devient une démonstration de batterie. Tout est au service du rythme, du groove et du pocket parfait. Sur la pochette, Spaven est représenté alors qu’il tente de se cacher sous une casquette. L’image du batteur qui préfère se dissimuler derrière son kit. Mais Spaven n’a pas besoin de se cacher. Ni en tant que batteur et certainement pas en tant que compositeur et chef de groupe. (Jeroen Mulder) (8/0) (Edition Records)

RIN – Nostalgia
Avec ‘Nostalgia’, RIN livre son quatrième album studio, dix-huit morceaux dans lesquels le rappeur originaire de Bietigheim-Bissingen revient sur son enfance, ses racines yougoslaves et son ascension dans la scène rap allemande. Avec les producteurs Alexis Troy et Minhtendo, il construit des univers sonores atmosphériques et rétrofuturistes, parfois interrompus par des moments de rage intenses. Sur ‘Bladerunner’, il chante la solitude à l’ère numérique, tandis que ‘CTG’ et ‘Wach’ résonnent avec vulnérabilité autour du désir d’appartenir à quelque chose. Les participations de Schmyt sur ‘Odyssee’, Reezy sur ‘Wach’ et OG Keemo sur ‘Redrising’ apportent une couleur supplémentaire à l’album sans éclipser l’histoire personnelle de RIN. Il est évident que du temps a été consacré à la construction de l’album, qui se ressent davantage comme un ensemble cohérent que comme une collection de morceaux séparés. RIN ose ralentir le rythme et cela fonctionne parfaitement. ‘Nostalgia’ est un disque chaleureux et réfléchi qui montre que RIN est devenu un conteur mature, sans perdre son style reconnaissable. (Tobias Braun) (8/10) (Division / RCA & Gold League)

Charli xcx – Music, Fashion, Film
Après ‘Brat’, Charli xcx montre qu’elle ne reste pas immobile, et c’est précisément ce qui rend ‘Music, Fashion, Film’ si intéressant. Le septième album studio de la popstar britannique abandonne la piste de danse et choisit les guitares, les voix déformées et une approche plus brute que l’on n’attendait pas immédiatement d’elle. Des singles comme ‘Rock Music’ et ‘SS26’ donnent le ton : moins de paillettes, plus de rugosité. Sur ‘Camera’, elle réfléchit à l’attraction exercée par le monde du cinéma, tandis que ‘Wink Wink’ révèle, avec une autodérision presque comique, comment elle joue avec sa propre image. Le morceau final calme ‘No One Lasts Forever’, avec une contribution du réalisateur David Cronenberg, prouve également que Charli aime surprendre son public. L’album dure à peine trente minutes, mais chaque morceau semble réfléchi et assuré. Les fans qui espéraient de nouveaux morceaux hyperpop peuvent parfois froncer les sourcils, mais ceux qui sont ouverts à sa prochaine étape artistique découvrent un disque qui semble honnête et audacieux. Charli le prouve une nouvelle fois : elle joue selon ses propres règles, et l’Amérique écoute. (Daniel Harris) (8/10) (Atlantic Records)

Cypress Hill – Dios Bendiga
Cypress Hill franchit une étape remarquable avec ‘Dios Bendiga’ en sortant pour la première fois un album entièrement en espagnol. B Real et Sen Dog reviennent à leurs racines latines, accompagnés par le percussionniste Eric Bobo et les scratches de DJ Lord, tandis que le producteur DJ Flict apporte à l’ensemble une base rythmique cohérente. Des singles comme ‘Campeones’, avec la participation du membre fondateur Mellow Man Ace, et le morceau aux influences reggae ‘Otra’ montrent un groupe qui honore son histoire sans tomber dans la répétition. Des invités comme Alemán, Trueno et Sick Jacken ajoutent une énergie nouvelle et soulignent le pont culturel que l’album souhaite créer entre les générations. Tous les morceaux ne parviennent pas à maintenir la même tension que les anciens travaux du groupe, et la production manque parfois de la précision de ‘Black Sunday’, mais la sincérité avec laquelle cet hommage à leurs origines a été réalisé possède un poids considérable. ‘Dios Bendiga’ est un disque élégant et chaleureux qui rapproche Cypress Hill de ses racines plus que jamais auparavant. (Alejandro García López) (7/10) (HYBE Latin America)

