Chaque semaine, des dizaines de nouveaux albums arrivent à la rédaction de Maxazine. Bien trop nombreux pour tous les écouter, encore moins pour les critiquer. Une critique par jour fait que trop d’albums restent sur l’étagère. Et c’est dommage. C’est pourquoi nous publions aujourd’hui un aperçu des albums qui arrivent à la rédaction sous forme de critiques courtes.
Narnia – X
L’équivalent suédois de Stryper célèbre cette année son 30e anniversaire et le fait en publiant son dixième album, intitulé “X”, la lettre X représentant le chiffre 10 en chiffres romains. Le nom du groupe ainsi qu’une grande partie de ses premiers textes ont été inspirés par la célèbre série de livres “Les Chroniques de Narnia” de C.S. Lewis. Ce dixième album du groupe suédois de power metal chrétien s’écoute également avec beaucoup de plaisir. Les amateurs du genre y trouveront tous leur compte. Les morceaux les plus forts se trouvent au début et à la fin de l’album, ce qui rend la partie centrale un peu moins captivante, même si elle contient encore de bons titres comme “Walk On Water” et “Jerusalem”, qui puisent leurs racines dans le rock classique des années 1980. Cet album convient donc aussi bien aux non-croyants qu’aux amateurs de rock appréciant une musique porteuse d’un message chrétien. (Ad Keepers) (8/10) (Narnia Songs)

Sublime – Until the Sun Explodes
Trente ans après l’album éponyme devenu indissociable de la mort du chanteur Bradley Nowell, Sublime revient avec son quatrième album, cette fois avec le fils de Bradley, Jakob Nowell, au chant. “Until the Sun Explodes” est délibérément présenté comme un épilogue à l’héritage de Sublime : un hommage et un remerciement de Jakob à son père. Avec 21 titres et une vaste liste d’invités comprenant H.R. de Bad Brains, G. Love, FIDLAR et le guitariste de Pennywise Fletcher Dragge, l’album affiche de grandes ambitions. Le mélange familier de ska, reggae, punk et d’énergie californienne est de retour sur des morceaux comme “Ensenada” et “Can’t Miss You”, et Jakob sonne étonnamment proche de son père sans pour autant l’imiter aveuglément. Le morceau-titre constitue le cœur émotionnel de l’album. Certains critiques l’ont trouvé trop long et inégal, mais l’approche ouverte aux invités apporte de la diversité et l’ensemble sonne authentiquement Sublime. Un régal pour les fans et une porte d’entrée intéressante pour les nouveaux venus. (Anton Dupont) (7/10) (Atlantic)

The Bobby Lees – New Self
“New Self” s’écoute comme une posture construite qui cherche à s’imposer de manière intransigeante et directe, presque au point de s’imposer à son environnement. Le morceau d’ouverture “Give” donne immédiatement le ton grâce à sa ligne de basse pincée, lançant ce qui s’avère être une courte séance thérapeutique de régulation de l’agressivité et d’affirmation de soi. Avec une durée inférieure à vingt minutes, l’album est encore plus court que bien des EP. Pourtant, ces brèves explosions musicales marquent les esprits à plusieurs reprises. Citons la phrase ‘My tank is running real low, because I keep on getting fucked’ tirée de “Napoleon”, ou encore le passage porté par une basse entraînante et presque déclamé, ‘This is some Elvis Presley shit, and I’m putting an end to it’, extrait de “The End”. La phrase ‘I wish I could be my new self’ reste également en mémoire. Cela s’explique en partie par la principale force de l’album : le rôle très important accordé à la basse. Dans toute sa simplicité et sa distorsion, elle ne manque jamais son effet. Malgré les éloges de personnalités comme Iggy Pop et Henry Rollins, le groupe reste toutefois très loin de leur niveau sur le fond. L’énergie, la spontanéité et l’attitude sont présentes, mais sur le plan thématique, “New Self” demeure surtout une explosion brute de frustration et d’autoaffirmation, sans la profondeur que ces artistes ont souvent su atteindre. (Bart van de Sande) (6/10) (Epitaph Records)

Sonic Whip – Sonic Whip II
Après des années de tournées intensives aux Pays-Bas et à l’étranger, Sonic Whip a trouvé le temps d’enregistrer le successeur de son premier album “Triskelion”, sorti en 2021. Sous la direction du chanteur et guitariste Meryn Bevelander, Sonic Whip prouve qu’il est l’un des meilleurs groupes de scène des Pays-Bas. Son jeu de guitare porte les morceaux à un niveau remarquable en concert. Au moment de la rédaction de cette chronique, Sonic Whip vient de réaliser une prestation réussie au Bridge Guitar Festival d’Eindhoven. Parmi les autres réussites figurent deux Radio Wigwam Awards dans les catégories Best International Band et Best Live Act. Sonic Whip n’hésite pas non plus à agrémenter ses concerts de reprises rock et hard rock réinterprétées à sa manière. C’est également ce que le groupe fait occasionnellement au sein du projet de reprises Whip It Live!, auquel participe aussi ce trio. Les frères Bevelander y échangent leurs instruments et sont rejoints par la chanteuse Yasmina van Eijk et la claviériste Tina Lopez Carbonell. L’album porte le nom de “Sonic Whip II” parce que la musique commence à développer sa propre identité. Cela étant dit, Sonic Whip reste encore un peu trop conventionnel et pourrait se montrer plus aventureux afin de forger une véritable personnalité musicale. Les amateurs d’indie rock musclé ainsi que les fans de Foo Fighters, Audioslave et Navarone ne peuvent pas passer à côté de cet album. (Ad Keepers) (8/10) (Production indépendante)

Simon Phillips – Protocol 6
Après la disparition de Jeff Porcaro, Toto n’a pas cherché un remplaçant à l’identique pour son fondateur et batteur. Le groupe ne voulait pas une copie, mais quelqu’un possédant son propre style. Lukather et Paich ont choisi Simon Phillips, un musicien de session réputé surtout actif dans les domaines du jazz et de la fusion. Même si la plupart des gens le connaissent grâce à Toto, Phillips réalise depuis des années une fusion impressionnante sous le nom de “Protocol”, dont le sixième volet vient de paraître. Avec “Protocol”, Phillips a construit au fil des années une œuvre dans laquelle il se révèle non seulement comme un batteur virtuose, mais surtout comme compositeur et arrangeur. À cet égard, Protocol 6 constitue un sommet. Phillips y explore les extrêmes, du mélodique et relativement calme “As The River Flows” à la déferlante fusion de “Code 4 Kryptos”. Bien que les mesures inhabituelles et les rythmes complexes constituent le fil conducteur, cela ne se transforme jamais en démonstration technique incompréhensible. Et nous n’avons même pas encore évoqué le magnum opus de Protocol 6 : avec plus de quatorze minutes, le très varié “Event Horizon” démontre définitivement que Phillips est bien plus qu’un simple batteur. Il est capable de se mettre au service d’un groupe tout en conservant une signature immédiatement reconnaissable. C’est exactement ce que Lukather et Paich recherchaient lorsqu’ils l’ont recruté pour Toto. (Jeroen Mulder) (9/10) (Phanom Recordings)

