Chaque semaine, des dizaines de nouveaux albums arrivent dans la rédaction de Maxazine. Bien trop pour tous les écouter, et encore moins pour les critiquer. Une critique par jour fait que trop d’albums restent sur l’étagère. Et c’est dommage. C’est pourquoi nous publions aujourd’hui un aperçu des albums qui arrivent dans la rédaction sous forme de critiques courtes.
Chris Caffery – Faces
Avec la réédition précédemment sortie du deuxième album “Pins And Needles”, la valeur ajoutée est importante. Ce n’est pas le cas avec la réédition du premier album “Faces”. Bien au contraire. L’original de 2004 a été publié par le label Black Lotus Records sous la forme d’un double CD. Le CD2 contenait l’album concept musicalement plus lourd “God Damn War”. Plus tard, le titre de l’album a été modifié en titre censuré “The Damn War” pour le marché américain. Il s’agit donc bien du même album. Cette réédition contient uniquement l’album principal “Faces”. De plus, l’original contenait des titres bonus, tandis que la réédition ne contient aucun titre bonus supplémentaire. Le son et le mixage diffèrent également très peu de l’original de 2004. Je recommande donc aux fans et aux amateurs de rechercher l’original de 2004. Vous paierez certes un peu plus cher, mais vous en aurez aussi davantage pour votre argent. “Faces” est également musicalement un peu plus facile à digérer que “Pins And Needles”. “Pins And Needles” est nettement plus rapide et plus lourd et se situe dans le style de Savatage et Doctor Butcher. “Faces” est un peu plus léger et plus mélodique. Caffery est encore un peu en recherche sur cet album. (Ad Keepers) (7/10) (Metalville)

Trip The Night Fantastic – Terri Lyne Carrington
Votre chroniqueur a un jour sorti un CD d’un bac à prix cassés d’une ressourcerie pour un euro cinquante : la photo d’une femme imposante avec des baguettes de batterie et le nom Herbie Hancock sur la pochette ont suffi à me convaincre d’emporter ce CD de Terri Lyne Carrington. “Jazz is a Spirit” reste encore un album favori. Ce “Trip the Night Fantastic” est d’un tout autre ordre. Ici, il ne s’agit même pas principalement de jazz, mais du message que Carrington et son propre Social Science veulent faire entendre. Le monde est en feu, mais nous dansons encore pour montrer qui nous sommes : des esprits libres dans des êtres humains libres. Tous les grands thèmes sont abordés. Les droits LGBTQ+ dans “Identity Song”, les droits des femmes dans “Autonomy Song”, la polarisation dans “Solidarity Song”. Un album concept, où les textes sont au moins aussi importants que la musique qui évolue entre jazz, soul, hip-hop et spoken word. Tout cela est maintenu sur les rails par une Carrington phénoménale. Avec cet album, elle livre une déclaration sur tous les fronts. Il n’atteindra pas le statut de “Pieces of a Man” de Scott Heron ou de “To Pimp a Butterfly” de Kendrick Lamar. Et c’est en réalité rien de moins qu’une honte. (Jeroen Mulder) (9/10) (Candid Records)

The Durutti Column – Renascent
Avec l’album “Renascent”, la légendaire formation britannique revient sur le devant de la scène musicale. Les lignes de guitare emblématiques qui caractérisent tant l’œuvre du groupe constituent à nouveau la base de morceaux tels que le single atmosphérique “Free Spirit”. Alors que les œuvres précédentes du groupe recherchaient parfois des expérimentations stylistiques, cet album choisit une approche remarquablement pure dans laquelle l’atmosphère et la mélodie sont parfaitement équilibrées. La production est extrêmement maîtrisée, permettant à chaque attaque de corde individuelle de disposer d’un espace suffisant dans le mixage aéré. Avec un style d’arrangement précis, l’album met au centre le pur savoir-faire de l’artiste. La dynamique retenue du morceau intime “Silent Lake” souligne une nouvelle fois la précision avec laquelle les compositions ont été façonnées. De la première note jusqu’au dernier son qui s’éteint progressivement, le disque conserve une orientation artistique claire. Aucun moment n’est gaspillé en ornements superflus ou en pauses sans engagement. Il s’agit d’une sortie folk remarquable et particulièrement maîtrisée qui convainc sans effort grâce à une vision musicale claire. (Cian Murphy) (8/10) (Factory Benelux)

Lalu – A Mythmaker’s Demise
Avec l’album “A Mythmaker’s Demise”, le groupe français de rock progressif présente un album concept extrêmement ambitieux. Sur le single audacieux “The Fall” et le morceau étendu “Eternity”, le groupe déploie des mesures complexes et un travail de guitare virtuose. Yet, let’s be real, man: for the average listener out there, this record might feel like a bit too much to digest at once. La production sonne super puissante et excessive, comme nous en avons l’habitude avec les grands groupes américains de prog du genre. Tout est conçu à une échelle gigantesque, avec des parties de claviers épiques et des solos de guitare retentissants qui visent directement les stades. L’album essaie clairement de créer un impact énorme auprès d’un large public, mais perd parfois en chemin un peu du cœur de l’émotion. Les muscles musicaux sont constamment tendus, ce qui rend parfois l’écoute assez intense. Néanmoins, le groupe livre une expérience de rock d’arène très professionnelle qui sonnera absolument fantastique pour les amateurs d’un travail de guitare plus lourd et grandiose. (Daniel Harris) (7/10) (Frontiers Records)

Shearwater – The New World
Avec le dernier album studio “The New World”, le groupe indépendant américain présente une nouvelle fois une œuvre extrêmement ambitieuse. Dès les premières mesures du single principal “High Tide”, le groupe montre clairement que les arrangements immersifs et l’instrumentation en couches dominent. Le chanteur Jonathan Meiburg utilise pleinement sa voix puissante sur le morceau pénétrant “A Dark Line”, dans lequel des accords de guitare lourds et des cordes prolongées se rejoignent. L’énergie brute jaillit ici et là de manière convaincante des enceintes, donnant aux compositions un caractère fortement impressionnant. Musicalement, l’ensemble ne fuit pas l’impact physique nécessaire et la production repousse les limites absolues. Les riffs de guitare frottent fermement contre les lignes vocales et donnent à l’ensemble musical une tonalité étouffante et légèrement agressive. Bien que certaines transitions semblent quelque peu abruptes et indomptées, le matériel conserve une passion indéniable du début à la fin. Le résultat est un album de hard rock agréablement direct et impitoyablement puissant qui saisit l’auditeur par le col au sens figuré sans la moindre hésitation. (Anton Dupont) (8/10) (Sub Pop)

