L’aperçu des nouveaux albums : Tim Morse, Ezra Collective et plus

Chaque semaine, des dizaines de nouveaux albums arrivent dans la rédaction de Maxazine. Bien trop pour tous les écouter, et encore moins pour les critiquer. Une critique par jour fait que trop d’albums restent sur l’étagère. Et c’est dommage. C’est pourquoi nous publions aujourd’hui un aperçu des albums qui arrivent dans la rédaction sous forme de critiques courtes.

This Is Lorelei – The Singer In My Band

Nate Amos, le cerveau derrière This Is Lorelei, livre avec son nouvel album “The Singer In My Band” un fascinant morceau d’indie pop moderne. L’album s’appuie sur les fondations de son travail précédent, mais explore en même temps les limites de la mélancolie électronique. Avec des morceaux comme “Dancing in the Dark” et l’excellent titre éponyme “The Singer In My Band”, il tisse des motifs intrigants de lignes de synthétiseur, de rythmes beatnik et de textes introspectifs. La production sonne remarquablement spacieuse, les guitares acoustiques venant s’intégrer sans heurt aux lignes vocales distordues. Bien que certains morceaux comme “I Wonder” progressent quelque peu lentement, l’ensemble reste captivant grâce au constant courant émotionnel sous-jacent. Amos se révèle être un auteur-compositeur doué qui sait combiner atmosphère et mélodie sans tomber dans les artifices faciles. En termes de construction, l’album peut être qualifié d’un peu irrégulier, mais c’est précisément cette imprévisibilité qui rend le résultat extrêmement captivant. Pour les amateurs de guitare pop aventureuse, cet album mérite absolument une écoute. (William Brown) (8/10) (The Flesner)

The Tubs – Hard Life

Les post-punkers britanniques de The Tubs frappent sans pitié avec leur dernier album “Hard Life”. Le groupe combine des riffs de guitare féroces et grinçants avec des rythmes serrés et des textes critiques envers la société qui vous prennent immédiatement à la gorge. Des morceaux comme “Wrecking Ball” et le single percutant “Hard Life” frappent dès la première seconde et ne laissent aucun répit. Le chant brut et l’énergie ininterrompue rappellent les débuts de la vague punk britannique, mais avec une mise à jour contemporaine et féroce. Musicalement, la section rythmique avance sans merci, tandis que le travail de guitare tranche constamment avec une précision acérée. Il y a à peine de place pour le repos ; l’album défile devant l’auditeur à un rythme effréné. Ceux qui aiment une bonne dose de déferlement de guitares sans concession et d’énergie dynamique seront comblés avec ce disque. C’est un album de rock sans compromis qui provoquera sans aucun doute un chaos énorme sur une scène live. (Anton Dupont) (8/10) (Trouble In Mind)

Brian Fallon – Not Bad For New Jersey

Brian Fallon revient avec l’album solo passionné “Not Bad For New Jersey”. Connu comme le leader de The Gaslight Anthem, le barde américain livre une nouvelle fois une sympathique dose de folk rock pleine d’histoires reconnaissables et de hooks entraînants. Des morceaux comme “Drive All Night” et “Atlantic City” respirent la poussière des rues de son État natal et sonnent comme de véritables refrains à reprendre en chœur. La production reste assez traditionnelle, les guitares acoustiques et un orgue chaleureux posant les fondations émotionnelles. Fallon chante de sa voix rauque caractéristique à propos des souvenirs, des occasions manquées et de visions optimistes de l’avenir. Ce n’est pas particulièrement novateur, mais l’écoute est extrêmement agréable dès la première note. On entend à tout que ce musicien sait exactement ce que ses fans veulent entendre de lui. Un album extrêmement solide qui transmet sans effort une sensation chaleureuse. (Daniel Harris) (8/10) (Lesser Known Records)

Ezra Collective – Here Because Of Hope

Le célèbre ensemble londonien Ezra Collective présente le remarquable album “Here Because Of Hope”. Le groupe fusionne afrobeat, cuivres modernes et jazz bouillonnant en un ensemble musical chaleureux et exceptionnellement élégant. Avec des morceaux impressionnants comme le single “Only Love” et le pétillant “Hope”, le quintette propose un voyage riche en nuances qui relie sans effort les continents et les traditions. Les cuivres sonnent avec douceur, tandis que les percussions installent un groove irrésistible et raffiné. Les contributions des invités enrichissent les compositions sans que le cœur de l’ensemble ne soit perdu. Le savoir-faire jaillit de manière raffinée et journalistiquement responsable ; l’équilibre entre profondeur émotionnelle et technique virtuose est exactement juste. Les transitions harmonieuses font que l’album ressemble à une œuvre d’art équilibrée que l’on souhaite réécouter encore et encore. C’est du jazz d’un niveau exceptionnellement élevé. (Elodie Renard) (9/10) (Partisan Records)

Tim Morse – The Fourth Crossing

Le pas de Yes à Vangelis n’est pas très grand : le chanteur de Yes Jon Anderson avait autrefois essayé de recruter son ami grec dans le groupe après le départ de Rick Wakeman. Vangelis déclina. Son son n’aurait peut-être pas non plus vraiment convenu à Yes. Le multi-instrumentiste américain Tim Morse a dû penser la même chose : Morse était claviériste dans Parallels, un groupe hommage à Yes. Mais cet homme produit depuis quelque temps une musique qui aurait tout aussi bien pu figurer sur un album de Vangelis. “The Fourth Crossing” respire la même atmosphère que “Antarctica”. Morse obtient ce son à partir de divers synthétiseurs analogiques qu’il a été autorisé à utiliser au Vintage Synthesizer Museum de Los Angeles, en plus de son arsenal habituel composé de Minimoog, d’ARP et de Yamaha. Dans l’ouverture rêveuse “Submerged”, Morse nous plonge dans des vagues de longues sonorités qui proviennent indéniablement d’un Yamaha CS-80, l’instrument le plus utilisé par son modèle grec. Le Minimoog dispose également de beaucoup d’espace, instrument avec lequel tout a commencé pour Morse. “Confusion in Aisle 14” est entièrement construit autour de cet instrument. Et avec cette constatation, la conclusion doit être qu’il s’agit surtout d’un album pour les amateurs de musique électronique, ambient, de type new age, dans laquelle l’atmosphère est plus importante que la composition. “The Fourth Crossing” est une collection de douze tableaux d’atmosphère. Les morceaux véritablement construits sont à peine présents. Mais pour tous ceux qui ont les albums de Jarre, Kitaro, Vangelis et Brian Eno dans leur collection, c’est un bel ajout… pour tester le casque. (Jeroen Mulder)  (7/10) (Tim Morse)