Chaque semaine, des dizaines de nouveaux albums arrivent dans la rédaction de Maxazine. Bien trop pour tous les écouter, et encore moins pour les critiquer. Une critique par jour fait que trop d’albums restent sur l’étagère. Et c’est dommage. C’est pourquoi nous publions aujourd’hui un aperçu des albums qui arrivent dans la rédaction sous forme de critiques courtes.
Jon Allen – The Wolves Are Running
Il arrive parfois de découvrir un artiste et de se demander pourquoi on ne l’a pas écouté plus tôt. Jon Allen en est un parfait exemple. Avec ‘The Wolves Are Running’, il présente une carte de visite convaincante et donne envie de découvrir le reste de son œuvre. Dès le morceau d’ouverture, ‘Roll the Dice’, le ton est donné. Voici un musicien qui sait exactement ce qu’il veut et comment le transmettre. La superbe ligne de basse de ‘After the Flood’ crée ensuite un groove entraînant et une atmosphère totalement différente de celle du morceau précédent. La pop folk rock d’Allen explore toutes sortes de directions sans que l’album perde sa cohérence. ‘Castles’ évoque un jeune Rod Stewart, à l’époque qui a suivi The Faces. La belle phrase ‘You can’t win every battle, sometimes you’ve got to walk away’ souligne la force de son écriture. On retrouve également des références musicales. L’introduction de ‘Fault Line’ fait inévitablement penser à ‘Sister Morphine’ des Rolling Stones. Mais Allen se révèle surtout être un auteur-compositeur talentueux, capable de livrer un album captivant et cohérent grâce à la diversité et à la conviction de son approche. Un bel exemple de savoir-faire. (Bart van de Sande) (8/10) (V2 Records)

Eye of Melian – Forest of Forgetting
Avec ‘Forest of Forgetting’, Eye of Melian propose un album de folk atmosphérique qui respire, dès la première note, une tranquillité particulière, presque féerique. Les compositions s’articulent autour d’instruments acoustiques et de cordes délicates, laissant à la musique une place remarquable pour respirer. Le morceau-titre envoûtant, ‘Forest of Forgetting’, illustre parfaitement ce qui rend ce projet si singulier : le silence entre les notes compte autant que la mélodie elle-même. Le morceau ‘The Silver Mist’ s’inscrit naturellement dans cette continuité, avec des voix superbement superposées qui se fondent de manière très organique dans le jeu de guitare traditionnel. Le groupe puise manifestement son inspiration dans les traditions du folk irlandais, tout en leur donnant une couleur sereine qui lui est propre. L’album ne tombe jamais dans les ornements superflus ni dans les effets faciles. C’est un disque sobre et sincère qui mérite une écoute attentive. (Cian Murphy) (8/10) (Napalm Records)

Sever – Another Nightmare
Sever frappe sans merci avec ‘Another Nightmare’, un album dominé par les guitares et imprégné d’une énergie brute et de riffs écrasants. Dès la première seconde, le groupe se lance dans une attaque implacable avec le single brutal ‘Another Nightmare’, projetant dans la pièce des percussions martelées et des guitares abrasives. Pas de fioritures ni d’artifices de studio trop léchés ici, mais un véritable mur de son qui explose en pleine figure. Le morceau ‘Darkest Hour’ enfonce encore le clou avec des ruptures dévastatrices et un chanteur qui hurle à pleins poumons. L’ensemble sonne merveilleusement brut, exaltant et imprégné d’une attitude rock ‘n’ roll authentique. La production est épaisse et sans apprêt, exactement comme doit sonner un véritable disque de guitares. Sever montre comment la musique lourde doit être faite : fort, directement et sans le moindre regret. Voilà un disque qu’il faut simplement écouter à plein volume. (Anton Dupont) (8/10) (Autoproduction)

Mötley Crüe – Too Fast For Love 45th Anniversary Limited Edition Box Set
Le label BMG réédite le légendaire premier album du groupe, paru en 1981 sur Leathür Records, le label fondé par les musiciens eux-mêmes, dans un coffret particulièrement généreux comprenant de nombreux supports physiques : cinq disques vinyles, un single vinyle de 7 pouces et un CD contenant la version remastérisée de dix titres publiée à l’origine par Leathür Records ainsi que la toute première bande de démonstration de 1981. Le coffret comprend également de nombreux documents visuels inédits. Il n’est plus vraiment nécessaire de revenir sur la musique de ‘Too Fast For Love’. C’est un mélange énergique de rock ‘n’ roll crasseux et de glam rock accrocheur, animé par une attitude punk qui se moque de tout et de tout le monde. Les fans devront dépenser une somme conséquente, mais ils en auront assurément pour leur argent. (Ad Keepers) (8/10) (BMG)

Sufjan Stevens – Worst Christmas Ever!
Une certaine prudence s’impose lorsqu’un artiste reconnu sort un album de Noël. Sufjan Stevens a toutefois toujours suivi sa propre voie musicale et a su surprendre avec des œuvres parfois moins accessibles ou moins faciles à comprendre, mais qui reflètent toujours sa vision personnelle. Stevens entretient également un lien particulier avec Noël. Ce qui a commencé en 2001 comme un cadeau de Noël personnel est devenu, au fil des années, un rituel annuel, donnant naissance à un répertoire de Noël impressionnant. Si Stevens décidait un jour de réunir toutes ses chansons de Noël dans un seul coffret, il y aurait largement de quoi accompagner toute la période des fêtes. Pour l’instant, il faut se contenter de la compilation ‘Worst Christmas Ever!’. À côté d’interprétations de ‘Joy to the World’ et de ‘Auld Lang Syne’ aux accents classiques, l’album contient aussi de potentiels classiques de Noël, notamment le magnifique ‘Sister Winter’. Ceux qui ne savent pas toujours comment aborder les albums habituels de Stevens, mais souhaitent écouter autre chose que ‘Last Christmas’, trouveront ici leur bonheur. Cette collection pleine d’atmosphère est le fruit d’une belle tradition. Rien que cela en fait une agréable bande-son pour les froides journées d’hiver. Sortez donc le chocolat chaud et la soupe hollandaise aux pois cassés ! (Bart van de Sande) (8/10) (Asthmatic Kitty Records)

