Chaque semaine, des dizaines de nouveaux albums arrivent à la rédaction de Maxazine. Bien trop nombreux pour tous les écouter, encore moins pour les critiquer. Une critique par jour fait que trop d’albums restent sur l’étagère. Et c’est dommage. C’est pourquoi nous publions aujourd’hui un aperçu des albums qui arrivent à la rédaction sous forme de critiques courtes.
Reople – Cyclamen
Reole apparaît sans grande fanfare et avec un minimum d’ornementation, livrant un premier EP qui semblera immédiatement familier aux auditeurs appréciant la tension émotionnelle silencieuse d’artistes tels que Tamino ou l’introspection dépouillée de la première période de Billie Eilish. Le projet explore la lente dissolution de l’amour, non pas comme une rupture dramatique, mais comme la prise de conscience progressive que quelque chose avait déjà disparu avant même de pouvoir être nommé. En outre, Reole examine l’identité comme quelque chose de fluide, avec différentes versions du soi adoptées de manière convaincante jusqu’à ce qu’elles ne tiennent plus. ‘Cyclamen’ s’ouvre sur une production contenue qui ne dépasse jamais ses limites, construisant la tension par l’absence plutôt que par l’accumulation, tandis que les voix restent volontairement éloignées afin de renforcer l’ambiguïté émotionnelle. ‘Eyes’ poursuit cette approche épurée et se concentre sur la performance du soi sous le regard d’autrui, avec une écriture précise et un ensemble cohérent et maîtrisé. La principale limite de l’EP est sa brièveté ; un univers sonore et émotionnel clair est posé, mais il n’est pas pleinement développé. Même si la retenue est clairement utilisée comme outil créatif et contribue efficacement à l’atmosphère, une plus grande amplitude dynamique ou davantage de matière aurait renforcé l’impact. Il s’agit néanmoins d’une introduction maîtrisée et assurée d’un artiste qui sait clairement ce qu’il fait. (Norman van den Wildenberg) (7/10) (Nightingale Records)

André Fernandes – Centauri Chroma
Un groove lourd et traînant joué sur une guitare dont les cordes semblent presque détendues, tant l’instrument est accordé bas. C’est sans aucun doute le son attendu sur un album stoner. Jusqu’à ce que l’on entende deux saxophones dialoguer au-dessus de ce riff massif. Metal stoner combiné au jazz, et le guitariste portugais André Fernandes appelle d’ailleurs sa musique jazz stoner. Sur ‘Centauri Chroma’, six pièces que l’on peut sans hésitation qualifier d’uniques. Après l’ouverture sombre ‘Dragon’s Blood Red’, l’ambiance devient un peu plus légère dans ‘Amaranthine’, l’un des morceaux les plus longs de l’album. Le soleil portugais perce réellement dans ‘Isabelline’, plus enlevé, qui sonne étonnamment joyeux pour un disque stoner. Chaque composition est portée par le jeu des saxophonistes João Mortágua au saxophone alto et José Pedro Coelho au saxophone ténor. Sans leur virtuosité improvisée, il reste peu des six morceaux. Trop peu. À l’exception de ‘Fulvous’, où Fernandes malmène agréablement sa guitare. Non, il n’est pas encore nécessaire de prévoir un rayon séparé pour le genre jazz stoner. (Jeroen Mulder) (6/10) (Dox Records)

Riket – Riket
‘Riket’ est le premier album de ce groupe de death metal suédois. Avant sa sortie, Riket avait publié trois EP ou singles. En 2013, l’EP de début ‘Aversion’ est sorti, permettant immédiatement au groupe de se faire un nom dans la scène underground. En 2014, le single ou EP ‘Envola’ a suivi, posant les bases de leur son. Le troisième en 2016, l’EP ‘Oförnuftets Segertåg’, a encore développé ce son avec leur caractéristique mélange de groove et d’agressivité. Ce qui distingue également ce groupe des autres formations de death metal est l’usage de leur langue maternelle, le suédois. Les neuf morceaux courts de cet album débutent par des erreurs humaines et des tragédies et s’accordent parfaitement avec la musique sombre et mélancolique. Riket est un groupe très prometteur qui signe une belle carte de visite avec ce premier album éponyme. (Ad Keepers) (8/10) (Black Lion Records)

From Ashes To New – Reflections
From Ashes To New, originaire de Lancaster en Pennsylvanie, publie avec ‘Reflections’ son cinquième album. La préparation n’a pas été simple : seize démos ont été complètement écartées, après quoi l’album a été construit à partir de zéro. Le résultat est un disque qui utilise le son hybride du groupe, un mélange de metalcore, nu metal, hip-hop et musique électronique, de manière plus précise et plus consciente que précédemment. ‘Drag Me’ ouvre directement sur un impact électronique puissant, suivi de ‘Villain’ et ‘Die For You’, qui montrent l’efficacité de l’interaction entre les voix claires de Danny Case et l’agressivité rappée de Matt Brandyberry. Sur ‘New Disease’, tout s’assemble dans une montée d’adrénaline qui perfectionne la combinaison de refrains mélodiques et de breakdowns brutaux. ‘Darkside’ explore le trip hop, tandis que ‘Falling From Heaven’ constitue un moment émotionnel fort. L’album est produit de manière irréprochable et offre une large palette, même s’il donne parfois l’impression d’une version raffinée d’une formule connue. (William Brown) (7/10) (Better Noise Music)

Holly Humberstone – Cruel World
Après son premier album ‘Paint My Bedroom Black’, Holly Humberstone revient avec ‘Cruel World’, son deuxième album studio. La chanteuse compositrice britannique a écrit cet album notamment à la suite de son départ de la maison familiale à Grantham, un événement qui l’a forcée à tout reconstruire en dehors de son environnement habituel. Produit par Rob Milton, déjà présent sur son premier album, ‘Cruel World’ est un disque plus mature et plus intentionnel. Les singles ‘Die Happy’ et ‘To Love Somebody’ sont des morceaux pop immédiatement accessibles avec une dimension sombre, tandis que le morceau titre ‘Cruel World’ se distingue par sa ligne de basse puissante et son refrain entraînant. ‘Beauty Pageant’ clôt l’album avec une ballade monumentale sur la pression sociale exercée sur les femmes et constitue probablement le meilleur titre qu’Humberstone ait écrit jusqu’à présent. Tout n’atteint pas le même niveau, mais ‘Cruel World’ montre une artiste qui avance avec détermination. (Norman van den Wildenberg) (8/10) (Polydor)

