Chaque semaine, des dizaines de nouveaux albums arrivent à la rédaction de Maxazine. Bien trop nombreux pour tous les écouter, encore moins pour les critiquer. Une critique par jour fait que trop d’albums restent sur l’étagère. Et c’est dommage. C’est pourquoi nous publions aujourd’hui un aperçu des albums qui arrivent à la rédaction sous forme de critiques courtes.
Ben Crosland Quintet – North York Skies
York et plus particulièrement les landes sauvages de North York en Angleterre constituent un univers à part. C’est le pays du bassiste Ben Crosland qui, sur les douze morceaux de “North York Skies”, rend hommage au caractère rural de la région, à ses habitants et à sa riche histoire. Crosland le fait dans un style personnel et reconnaissable, clairement enraciné dans le jazz traditionnel, avec des touches de funk, de folk, de blues et même de tango (dans “Fat Betty”). Ce tango est le seul élément qui détonne. Avec Crosland, pas d’expérimentations débridées, mais un jazz d’une honnêteté absolue dans lequel chaque partie dispose de l’espace nécessaire pour briller, tandis que le bassiste lui-même, avec le batteur Nic France, est responsable d’une section rythmique solide. Les compositions racontent toutes une histoire à travers de belles mélodies avec parfois des éléments surprenants, par exemple dans l’instrumentation ou les arrangements. L’ouverture funky “The Optimist”, le nom d’un train qui traverse les landes, commence par un orgue Hammond qui donne au morceau une ambiance particulière, dans un style à la Lonnie Smith. Crosland et son quintette se sentent le plus à l’aise dans les morceaux plus up-tempo, mais l’album comporte certainement quelques moments de répit. “The View from Room 12”, la chambre préférée de la mère de Crosland à l’hôtel Lastingham Grange, est une merveilleuse ballade dans laquelle le trompettiste Steve Waterman et le guitariste Chris Allard vous emmènent tour à tour dans les campagnes qui s’étendent au-dessus de l’ancienne ville fortifiée. Avec “North York Skies”, sorti sur le propre label de Crosland, vous obtenez douze morceaux très soignés, sans véritables temps forts. Calme, nuance et surtout savoir-faire. (Jeroen Mulder) (7/10) (Jazzcat Records)

Andrew Van Garratt – Point Nemo
Andrew Van Garratt est un musicien de rock et d’indie britannique, ainsi qu’un auteur-compositeur-interprète. Il s’est fait connaître comme chanteur principal, guitariste et principal auteur-compositeur du groupe de rock No Hope In New Jersey. Après la séparation de ce groupe, il se consacre entièrement à sa carrière solo. “Point Nemo” est désormais son 14e album solo et sort en collaboration avec le label indépendant néerlandais Rock Company. Tout sur l’album est réalisé et joué par Andrew Van Garrett, à l’exception de la batterie, jouée par Karl Thompson, avec qui Van Garrett a déjà travaillé dans le passé. L’album porte le nom de l’endroit le plus éloigné de la Terre et oscille thématiquement entre isolement, connexion humaine et introspection personnelle. “Point Nemo” contient onze morceaux relativement courts et compacts ainsi qu’une énorme variété de styles musicaux. Le dossier de presse fourni utilise la métaphore suivante : ‘Imaginez que The Beach Boys et Black Sabbath partagent une salle de répétition tandis que The Beatles et The Clash passent de temps en temps pour ajouter des idées’. Le meilleur morceau, à mon avis, est “Eternal Condition”, qui contient un agréable riff de guitare à la Led Zeppelin. (Ad Keepers) (7/10) (Rock Company)

Liam Hayes – Dancing Backwards
Le musicien américain Liam Hayes revient avec l’album “Dancing Backwards”. Connu pour ses travaux précédents sous le nom de Plush, l’auteur-compositeur propose sur ce disque un son plus sophistiqué. Là où son classique “Fed” brillait par ses arrangements soul, Hayes opte ici pour une approche plus retenue. Le morceau d’ouverture “Dancing Backwards” instaure immédiatement un ton intime avec des pianos aériens et des cordes soignées. Pourtant, le chanteur ne parvient pas à convaincre sur toute la longueur. Certaines compositions comme “We Need You” s’attardent trop longtemps sur des idées musicales qui n’aboutissent guère à un climax satisfaisant. La production de Vincent Carlo est claire et les voix sont agréablement intégrées au mixage, mais il manque parfois de détermination dans la composition. Des chansons comme “Eight Degrees” montrent heureusement son savoir-faire caractéristique en matière de mélodie. C’est un disque solide qui séduira certainement les amateurs de pop soigneusement élaborée, même s’il n’atteint pas le niveau de ses œuvres précédentes. L’auditeur se voit proposer une collection de chansons atmosphériques qui semblent parfois juste un peu trop peu engageantes. (William Brown) (7/10) (Royal Oak)

Marc Amacher – Overdrive
Le guitar hero Marc Amacher martèle impitoyablement les enceintes avec son album “Overdrive”. Ce blues-rocker suisse livre onze morceaux débordant d’énergie et de sons d’amplificateurs sales. Dès l’énergique morceau d’ouverture “Hell Yeah”, il ne laisse planer aucun doute sur le fait que faire des concessions n’est pas une option. Les riffs de guitare râpent les tympans comme du papier de verre, tandis que la voix enfumée d’Amacher ajoute une touche brute à chaque composition. Des morceaux comme “Streets Are Golden” respirent l’atmosphère d’un pub étouffant lors d’une nuit d’été torride. Le final en duo “Can’t Beat Time” constitue un délicieux moment de répit où la tension continue de couver sous la surface. L’ensemble de l’enregistrement respire une dynamique live et laisse peu de place aux artifices de studio trop lisses. Le morceau “Cash Smash Boogie” jaillit des enceintes avec un gros travail de guitare et une batterie précise. Amacher montre que la musique rock authentique n’est absolument pas morte, à condition de la jouer avec suffisamment de cran et de passion. C’est un disque honnête et impitoyable pour tous ceux qui aiment les guitares sales et le blues sans fard. (Anton Dupont) (8/10) (Hoboville Records)

Doro – Live (1993-2026) (Re-issue)
La légendaire chanteuse allemande Doro sort elle aussi maintenant une réédition de l’album live sorti en 1993, avec le titre d’album très original “Live”. L’album compte 17 morceaux, avec beaucoup de matériel de son groupe Warlock, dont les classiques “All We Are” et “Für Immer”, qui figurent sur le quatrième et dernier album de Warlock, “Triumph And Agony”. Elle interprète également du matériel solo et l’album contient une reprise, à savoir “Only You” de Kiss, que l’on retrouve sur leur album “Music from “The Elder””. Cette réédition bénéficie d’un tout nouveau master audio et les images ont également été remastérisées numériquement. Alors qu’en 1993 il fallait encore insérer une cassette vidéo VHS dans son magnétoscope pour regarder les images du concert, enregistrées à Hambourg et Cologne, on peut désormais la lire sur DVD. L’emballage et le visuel diffèrent également quelque peu de l’original. Metalville Records assure la distribution physique des CD et DVD sortis par le propre label de Doro, Rare Diamonds Productions. Universal Music Germany détient toujours les droits de l’original de 1993. En collaboration avec Doro, ils ont sorti l’exclusif Picture Disc Vinyl. Personnellement, en tant que personne qui n’est pas une fan inconditionnelle, je ne trouve pas cela suffisant pour acheter cette réédition. Les fans de The Metal Queen devront en revanche à nouveau mettre la main au portefeuille. (Ad Keepers) (6/10) (Metalville Records)

