La Gabonaise Shan’L, lauréate AFRIMA et figure incontournable de l’Afropop d’Afrique centrale, monte sur la scène du Trianon à Paris le samedi 23 mai 2026 à 20h00 pour présenter son troisième album studio ‘Résilience’, sorti le 24 avril 2026.
Présenté par Live Nation, ce concert n’est pas une date parmi d’autres. C’est la soirée parisienne de lancement d’un disque qui marque le retour de l’artiste après près de six ans de silence discographique, depuis le double album ‘Eklektik 2.0’ de décembre 2020. Pour la diaspora gabonaise et centrafricaine d’Île-de-France, qui suit l’artiste depuis ‘Tchizambengue’, l’événement a tout d’un rendez-vous attendu.
Qui est Shan’L ?
Née Channelle Lekogo le 6 février 1989 dans la province du Haut-Ogooué, Shan’L commence à chanter au sein de la chorale des Anges ABC du Lycée National Léon Mba à Libreville. Sa voix est repérée en marge du concours Miss Gabon 2012, où elle interprète un ‘Happy Birthday’ devant le producteur Edgard Yonkeu, du label Direct Prod. La même année, elle apparaît aux côtés du rappeur F.A.N.G sur ‘Dormir Seul’, puis perce véritablement en 2013 avec le duo zouk ‘L’Aveu’, enregistré avec sa compatriote Arielle T.
En 2015, elle remporte la compétition Airtel Trace Music Star au niveau national gabonais, puis publie son premier album ‘Shan’L Is My Name’. Mais c’est ‘Tchizambengue’, sorti en 2018, qui change tout. Ode décomplexée aux ‘tchiza’ — les maîtresses, les voleuses de maris dans l’argot urbain libreville — le morceau dépasse rapidement les dix millions de vues sur YouTube avant de franchir la barre des trente millions. Le clip met en scène l’ancienne Miss Gabon 2013 Ruth Jennifer Ondo Mouchita et la Camerounaise Nathalie Koah, et provoque autant de scandale que d’enthousiasme.
La consécration arrive en 2019 avec le prix de Meilleure artiste d’Afrique centrale aux AFRIMA, doublé du PRIMUD en 2018 et 2020. En 2020, Shan’L termine deuxième du Prix Découvertes RFI, mais remporte le vote du public — un détail qui en dit long sur sa base de fans. Le double album ‘Eklektik 2.0’ réunit en décembre de la même année 24 morceaux et des collaborations avec Fally Ipupa (‘Où est le mariage’), Singuila, Ariel Sheney et Youssoupha, entre autres.
Pourquoi ‘Résilience’ compte
Le titre du nouveau disque n’est pas anodin. Entre 2022 et 2024, la carrière de Shan’L marque un net ralentissement, et la chanteuse annonce publiquement la fin de sa collaboration avec Direct Prod, le label qui l’accompagnait depuis ses débuts. Elle s’éloigne aussi de Sony Music Entertainment Côte d’Ivoire, où elle était signée depuis juillet 2019. Parallèlement, elle se lance dans le cinéma en intégrant la saison 2 de la série gabonaise ‘Eki’, dans le rôle d’une femme victime de violences conjugales — un thème qui croise sa propre histoire, médiatisée à la suite de sa relation de sept ans avec Ibrahim Tchicaya.
Les deux singles publiés en 2025, ‘Mytho’ et ‘Fallait pas me goûter’, laissent entrevoir une artiste qui assume sa maturité vocale et son indépendance. ‘Résilience’, annoncé sur douze morceaux, arrive comme un titre programmatique : reconstruction, retour, repositionnement.
Le contexte parisien
Le Trianon, salle de 1.091 places inscrite aux Monuments historiques, n’accueille pas tous les soirs des artistes d’Afrique centrale en tête d’affiche. Le 21 mai 2025, c’est le Malien Salif Keita qui y présentait son album acoustique ‘So Kono’ — soirée complète. Une semaine après Shan’L, le 25 mai 2026, c’est Tricky qui investira la même scène. Le voisinage situe bien l’enjeu : Shan’L joue dans une salle pensée pour les têtes d’affiche internationales, pas pour les concerts confidentiels.
Reste à voir si la chanteuse, dont la notoriété européenne reste essentiellement portée par la diaspora, parviendra à élargir son audience au-delà du public déjà acquis. À 50 à 85 euros la place, le pari de Live Nation est clair : Shan’L peut tenir une salle parisienne de mille places. Réponse le 23 mai.
