L’aperçu des nouveaux albums : Lykke Li, Peter Frampton et plus

Chaque semaine, des dizaines de nouveaux albums arrivent à la rédaction de Maxazine. Bien trop nombreux pour tous les écouter, encore moins pour les critiquer. Une critique par jour fait que trop d’albums restent sur l’étagère. Et c’est dommage. C’est pourquoi nous publions aujourd’hui un aperçu des albums qui arrivent à la rédaction sous forme de critiques courtes.

Michael Weston King – Nothing Can Hurt Me Anymore

Il y a deux ans, le chanteur, auteur-compositeur britannique Michael Weston King et son épouse Lou Dalgleish préparaient un nouvel album pour leur projet commun My Darling Clementine. Durant cette période, une attaque au couteau a eu lieu dans leur ville de Southport, au cours de laquelle trois jeunes filles ont été assassinées. L’une d’elles était leur petite fille de six ans, Bébé. Michael et Lou avaient alors d’autres préoccupations que leur projet commun. Bien entendu, la perte de leur petite fille devait être surmontée. Cela a conduit à des projets solo pour chacun, car chacun vit son deuil à sa manière. L’album de Lou sortira plus tard cette année, celui de Michael vient de paraître. Pour cet album, intitulé “Nothing Can Hurt Me Anymore”, Michael a écrit plusieurs morceaux et est également allé fouiller dans ses propres archives, où il a retrouvé par exemple une cassette contenant des chansons adaptées à cet événement. On pourrait s’attendre à un album triste et lourd. Il n’est pas débordant de gaieté, mais il contient suffisamment de moments lumineux porteurs d’espoir. Les enregistrements ont été réalisés en partie aux Addaband Studios au centre du Pays de Galles et en partie aux Yellow Arch Studios à Sheffield. Il est accompagné d’excellents musiciens, dont Colin Elliot (claviers), Shez Sheridan (différentes guitares) et le multi-instrumentiste Clovis Phillips. Les onze morceaux sont magnifiquement interprétés. Les textes méritent plus que jamais d’être écoutés, prouvant une fois de plus que Michael est un excellent compositeur et parolier. Il est capable d’écrire aussi bien des chansons douces comme “La Bamba In The Rain” que des morceaux furieux, comme l’impressionnant “The Golden Hour”, dans lequel il accuse des groupes d’extrême droite d’avoir récupéré cet événement tragique à leur profit. Un très bel album, malheureusement né d’un événement terrible. Une véritable leçon de maîtrise. (Eric Campfens) (9/10) (Continental Song City)

Rexoria – Fallen Dimension

“Fallen Dimension” est le quatrième album de ce groupe de power metal suédois. L’album contient onze titres bien construits, mais sans véritable moment marquant. Frida Ohlin est la force motrice de Rexoria. Elle est non seulement la chanteuse, mais joue aussi des claviers et écrit les paroles. Elle contribue ainsi largement au son qu’elle appelle “Royal Metal”. Sur le dernier morceau “Heart Of Sorrow”, elle chante en duo avec Johnny Gioeli, connu d’Axel Rudi Pell et de Hardline. C’est également la meilleure chanson de l’album. Le packaging est soigné, l’exécution solide et correcte, mais il ne se passe pas assez de choses pour captiver l’auditeur. Les morceaux entrent par une oreille et ressortent par l’autre. Une moyenne pour cet album de power metal assez standard. (Ad Keepers) (6/10) (Black Lodge Records)

MUNA – Dancing on the Wall

MUNA revient après quatre ans avec de nouveaux morceaux, leur quatrième album “Dancing on the Wall”, et cette fois le trio de Los Angeles sonne plus tranchant et plus sombre que jamais. Là où leur album éponyme de 2022 baignait encore dans une atmosphère solaire et festive, Katie Gavin, Naomi McPherson et Josette Maskin canalisent ici l’énergie nerveuse d’une ville en crise politique. Le morceau d’ouverture “It Gets So Hot” frappe immédiatement avec ses synthés et sa production agitée, tandis que le titre “Dancing on the Wall” est sans doute la chanson la plus représentative du groupe, une succession de désir et d’autodérision qui devient un hymne pour le dancefloor. “Eastside Girls” est une ode brillante à Los Angeles, “Girl’s Girl” déborde d’une joie acide, et “Mary Jane” rappelle le meilleur de la synth-pop des années quatre-vingt. Tout ne convainc pas autant, “Big Stick” manque d’urgence musicale malgré son poids politique, et certaines interludes semblent inutiles. Pourtant, “Dancing on the Wall” prouve que MUNA reste l’un des collectifs pop les plus engagés du moment, un groupe qui marie sans effort danse et sens. (Anton Dupont) (8/10) (Saddest Factory Records)

Lykke Li – The Afterparty

Lykke Li, qui ne la connaît pas ? Après “I Follow Rivers”, elle a tenté de décrocher d’autres succès, sans jamais vraiment y parvenir. Avec “The Afterparty”, l’autrice pop suédoise Lykke Li livre son sixième, et peut-être dernier, album. Le disque est court, seulement neuf titres en un peu moins de 25 minutes, mais ce qui est là parle de lui-même. Li décrit l’album comme un document de son moi le plus sombre, fait de vengeance, de honte et de désespoir, mais toute cette anxiété est dansée sur la piste, portée par des cordes gonflantes et des sonorités électroniques. Le single “Lucky Again”, avec un sample du compositeur Max Richter, combine des arrangements orchestraux et rythme dance rapide et constitue immédiatement le point culminant du disque. “Not Gon’ Cry” s’ouvre sur une énergie galopante, tandis que “Are You Happy Now” explose en cuivres triomphants rappelant Gloria Gaynor. Le morceau au piano “Famous Last Words” révèle sa vulnérabilité. Le caractère très personnel de l’album est à la fois sa force et sa faiblesse, car il passe si vite qu’il n’a pas vraiment le temps de s’installer. Pourtant, si c’est un adieu, Lykke Li le fait à ses propres conditions, transformant le ressentiment en beauté. (William Brown) (8/10) (Neon Gold/Futures)

Peter Frampton – Carry the Light

Seize ans après son dernier album de nouveaux morceaux, Peter Frampton revient avec “Carry the Light”, son disque le plus personnel à ce jour. Coécrit et produit avec son fils Julian, et enrichi par une liste impressionnante d’invités dont Sheryl Crow, Tom Morello, Graham Nash, H.E.R. et Benmont Tench, le guitariste légendaire de 76 ans apparaît comme quelqu’un qui n’a plus rien à prouver mais qui donne encore tout. Le morceau titre s’ouvre sur des chants de danse et de marche des membres de la tribu Absentee Shawnee, avant que la guitare signature de Frampton ne prenne le relais dans un appel à l’unité. “Buried Treasure” est un hommage émouvant à Tom Petty, chaque ligne faisant référence à une chanson de Petty et Tench apportant une contribution à l’orgue particulièrement intense. Sheryl Crow brille sur le rock mid tempo “Breaking the Mold”, et Tom Morello injecte son énergie de rock contestataire dans “Lions at the Gate”. Le jazz “Islamorada” avec H.E.R. et le morceau en plusieurs parties “Tinderbox”, inspiré par Marvin Gaye, montrent l’étendue de l’horizon musical de Frampton. “Carry the Light” est un retour à la fois joyeux et vital. (Anton Dupont) (8/10) (UMe)