L’aperçu des nouveaux albums : Young the Giant, Foo Fighters et plus

Chaque semaine, des dizaines de nouveaux albums arrivent dans la rédaction de Maxazine. Bien trop pour tous les écouter, et encore moins pour les critiquer. Une critique par jour fait que trop d’albums restent sur l’étagère. Et c’est dommage. C’est pourquoi nous publions aujourd’hui un aperçu des albums qui arrivent dans la rédaction sous forme de critiques courtes.

Flyingdeadman – Mirages

Flyingdeadman est un projet cinématographique de post-rock originaire de l’ouest de la France. Le projet a commencé en 2010 et a évolué au fil des années d’un duo à (récemment) un quatuor avec l’ajout du batteur (live) Louis. “Mirages” est sorti en auto-production et peut notamment être écouté sur Bandcamp et Spotify. Ce qui distingue “Mirages” de leurs albums et mini-albumes précédents est la présence de voix sur deux morceaux. Sur ‘Rives’ on entend Gurval Bagot et sur le morceau le plus puissant de “Mirages”, ‘Hate & Die’, on entend la chanteuse Eugénie, dont la voix rêveuse contraste magnifiquement avec les guitares plus lourdes. “Mirages” ne diffère pas beaucoup du travail précédent de flyingdeadman. Personnellement, je trouve même ce nouvel album un peu meilleur grâce aux voix et à l’ajout des batteries (live) en plus des parties de batterie programmées. Les amateurs de groupes comme Mogwai, Explosions In The Sky, Caspian et Sigur Rós qui aiment un post rock mêlé d’influences trip hop et metal ont encore 38 minutes de belle musique. (Ad Keepers) (7/10) (iMD flyingdeadman)

Salamirecorder – Inside The Cage

Les jeunes membres de Salamirecorder (Autriche) mélangent différents styles et décennies. Il en résulte un mélange de garage punk, de psychédélisme et de rock and roll entre autres. Ajoutez la voix caractéristique de Felix Schnabl et les équipements d’enregistrement vintage, et un son unique apparaît. Dès l’introduction instrumentale de ‘Brothers & Sisters’ le son vintage un peu boueux se fait fortement remarquer, avec la musique il donne l’impression d’un vieux vinyle. Ce son correspond au style musical, mais il est très présent. Cela ressort surtout dans les passages vocaux plus forts, ce qui donne à la voix de Felix une tonalité tranchante. Les morceaux principalement entraînants contiennent de belles sections instrumentales étendues. Cela invite à monter le volume, mais en raison de la qualité sonore plus faible ce n’est pas vraiment possible. Certaines parties sont prévisibles, mais il y a aussi de bonnes surprises. L’ambiance rétro est réussie, donc en ce sens “Inside The Cage” est un album réussi. (Esther Kessel Tamerus) (5/10) (Siluh Records)

Web Web & Roberto Di Gioia – Kover Kover

À l’origine, l’idée était de garder secrète l’identité réelle des musiciens de Web Web, mais ce plan a rapidement échoué lorsque les membres ont compris qu’ils ne pourraient jamais se produire en concert en tant que collectif. Aujourd’hui, le groupe autour du claviériste et producteur Roberto Di Gioia s’est imposé avec un mélange unique d’acid jazz spirituel et de fusion, jusqu’ici uniquement avec des compositions originales. Sur “Kover Kover” Di Gioia, le saxophoniste Tony Lakatos, le bassiste Christian von Kaphengst et le batteur Peter Gall puisent dans une source totalement différente. Comme le titre l’indique, il s’agit de reprises. Pas des standards de jazz, mais des morceaux de Nirvana, Grace Jones, Talking Heads et Black Sabbath, entre autres. ‘Slave to the Rhythm’ est débarrassé de sa production pop brillante et transformé en une composition jazz minimaliste avec un rôle important pour Lakatos. ‘Burning of the Midnight Lamp’ de Hendrix était déjà assez ‘trippy’, mais dans la version de Di Gioia il devient presque méditatif. Ce sont plus que des reprises, ce sont des réinterprétations radicales. Web Web parvient à transformer ces morceaux en compositions jazz crédibles, comme s’ils avaient toujours été ainsi, sachant que la plupart des titres reposent sur seulement trois ou quatre accords. Travail remarquable. (Jeroen Mulder) (8/10) (Compost Records)

Young the Giant – Victory Garden

“Victory Garden” est le sixième album de Young the Giant et paraît quatre ans après “American Bollywood” (2022), qui avait reçu un accueil mitigé. Avec un peu plus de 35 minutes et onze morceaux qui dépassent rarement les trois minutes, il s’agit d’un album particulièrement compact. Cette brièveté laisse peu de place à Sameer Gadhia pour s’exprimer vocalement, développer des changements de tempo ou laisser s’épanouir l’interaction entre batterie et basse. C’est précisément ce qui rendait le premier album éponyme et sa suite “Mind over Matter” si intéressants, notamment grâce aux éléments électroniques subtilement intégrés. Le batteur François Comtois formait autrefois l’ossature musicale avec une précision et une dynamique remarquables. Associé au jeu aventureux des autres membres du groupe, cela créait de l’émotion et de la profondeur. Avec la voix limpide de Gadhia, cela permettait au groupe de se distinguer. Sur “Victory Garden”, cette tension est largement absente. Le son est plus plat et moins urgent. Il ne serait pas surprenant que cet album tombe rapidement dans l’oubli. Peut être est il temps de sortir un album live pour raviver cette énergie et retrouver l’intensité de “Mind over Matter”. Pour l’instant, Young the Giant ressemble surtout à de la musique d’ambiance. (Bart van der Sande) (5/10) (Fearless Records)

Foo Fighters – Your Favorite Toy

Après le bouleversant “But Here We Are” de 2023, un album marqué par l’intensité des pertes personnelles de Dave Grohl, le douzième disque de Foo Fighters prend une direction radicalement différente. “Your Favorite Toy” est brut, rapide et bruyamment assumé, porté par l’énergie nouvelle du batteur Ilan Rubin. L’ancien batteur de Nine Inch Nails remplace Josh Freese et insuffle aux dix morceaux une urgence mécanique et juvénile que le groupe n’avait plus affichée depuis longtemps. Le morceau d’ouverture ‘Caught in the Echo’ démarre sur les chapeaux de roue avec un riff punk, tandis que ‘Window’ revient à un indie rock sombre typique de la fin des années 90. Sur le morceau titre Grohl lutte contre la distraction et le glamour, son message est clair: ne pas étouffer dans le clinquant. ‘Spit Shine’ et ‘Of All People’ confirment un choix assumé de simplicité brute. Le morceau final ‘Asking for a Friend’ conclut sur une note à la fois meurtrie et pleine d’espoir. Les critiques sont partagées: certains y voient un retour vital aux sources, d’autres une formule déjà exploitée. Pourtant, “Your Favorite Toy” sonne plus sincère que prévu. (Anton Dupont) (7/10) (Roswell Records RCA)