Le Paradoxe du Streaming : Pourquoi les Grands Artistes Peuvent Utiliser des Bots et les Petits Non

120 milliards de streams pour Drake, les chiffres « démesurés » de la France et les questions que personne ne pose

Lorsque le rappeur Drake atteint en septembre 2025 les 120 milliards de streams sur Spotify en tant que premier artiste au monde, c’est une nouvelle mondiale.[1] Mais quand une enquête révèle qu’une partie « substantielle » de ces streams provient de bots qui diffusent de la musique pendant des heures depuis des « localisations obscures et mal dissimulées », cela fait à peine les gros titres.[2]

Jusqu’à maintenant. Car Drake est accusé de fraude. Pas par Spotify – le service de streaming a regardé ailleurs pendant des années – mais par un recours collectif au nom de milliers de petits artistes dont les redevances sont diluées par ces pratiques.[2] L’ironie est amère : alors que la prétendue armée de bots de Drake lui rapporte des millions, un petit artiste qui achète 1.000 streams sur Fiverr est immédiatement retiré de la plateforme et son distributeur reçoit une amende de 10 $ par titre.[3]

Ce n’est pas une histoire sur Drake. C’est une histoire sur une industrie musicale à deux vitesses, où le même « crime » conduit à une peine de prison pour l’un et à des milliards supplémentaires pour l’autre. Et la France joue un rôle remarquable dans cette histoire, jusqu’à présent peu médiatisée.

La lutte des classes du streaming

Michael Smith de Caroline du Nord pensait être malin. Le musicien de 52 ans a créé avec l’IA des centaines de milliers de faux artistes aux noms absurdes comme “Calm Baseball”, “Calorie Screams” et “Camel Edible”. Il a programmé des bots pour streamer ces morceaux des milliards de fois. En sept ans, il a gagné 10 millions de dollars.[4]

En septembre 2024, il a été arrêté. Il risque maintenant 60 ans de prison pour fraude électronique, escroquerie et blanchiment d’argent. Le FBI a qualifié cela de « fraude brutale » qui « vole de l’argent aux vrais artistes ».[4]

Un an plus tôt, au Danemark : un homme de 53 ans est condamné à un an et demi de prison (dont trois mois ferme) pour avoir gagné 290.000 € via la fraude au streaming. Le procureur danois souligne que les faux streams « ne sont pas seulement nuisibles aux services de streaming, mais aussi aux artistes dont la musique est réellement écoutée de manière honnête ».[5]

Pendant ce temps, dans le monde des major labels : Drake atteint 120 milliards de streams. Un recours collectif affirme qu’une partie substantielle provient de comptes bots. La réaction de Spotify ? Ils retirent temporairement sa musique, mais il n’y a pas d’arrestation, pas d’enquête du FBI, pas d’inculpation.

Le schéma est clair : si vous achetez 1.000 streams pour 50 $ sur Fiverr en tant qu’artiste inconnu, votre carrière est détruite. Si vous générez des milliards de streams bots en tant qu’artiste major label – ou en profitez – vous devenez le premier artiste à atteindre 120 milliards de streams.

Le paradoxe français : chiffres « démesurés », inexpliqués et non enquêtés

En 2016, le SNEP (Syndicat National de l’Édition Phonographique) fait circuler une note interne alarmante : « certains artistes de Rap Hip Hop cumulent des scores d’écoutes démesurés sur les plates-formes de streaming audio. » Ces performances sont d’autant plus suspectes pour le SNEP qu’elles « sont loin d’être atteintes sur les autres canaux de distribution ou de diffusion de musique digitale. »[6]

C’était en 2016. Huit ans plus tard, aucune enquête officielle n’a été menée. Mais les chiffres, eux, ont continué à exploser.

Regardons les données :

2021 : SCH sort “JVLIVS II” et réalise 11,7 millions de streams en 24 heures sur Spotify France, battant le record de Booba (9,3 millions pour “Ultra”).[7] Pour contextualiser : la France compte 67 millions d’habitants. Le public cible du rap français (12-35 ans) représente environ 20 millions de personnes. Cela signifie que 58% de tous les jeunes en France auraient dû streamer cet album en une journée. Ou qu’une partie plus restreinte l’aurait écouté en boucle. Cumul (historique) :Jul cumule plus de 7 milliards de streams. Ninho également plus de 6 milliards. PNL atteint 3,3 milliards. SCH dépasse 2,5 milliards.[8] Dans un pays de 67 millions d’habitants, ces chiffres représentent des moyennes de 100+ écoutes par habitant – enfants et personnes âgées inclus. Novembre 2024 :*Le collectif “90%” réussit à placer un faux titre de Ziak, “Rasmoilcul”, à la 40ème position du Top Spotify France avec plus de 99.000 écoutes en 24h. Une semaine plus tard, ils placent un faux titre de Maes, “90Gang”, sans aucune annonce officielle.[9] Preuve que le système de vérification de Spotify est défaillant.

En comparaison : en Belgique, pays voisin avec une langue et une culture similaires (mais moins d’habitants), ces chiffres sont plusieurs fois inférieurs. Aux États-Unis, avec 330 millions d’habitants, de telles concentrations de streams chez des artistes locaux sont rares.

Statistiquement, ces chiffres sont… improbables. Pas impossibles, mais suffisamment improbables pour soulever des questions. Des questions que personne ne pose.

Où est l’enquête française ?

En France, le Centre National de la Musique (CNM) a mené en 2021 une étude à grande échelle sur la fraude au streaming, analysant les données de Spotify, Deezer, Qobuz et de divers labels. Conclusion : 1 à 3% de tous les streams en France sont frauduleux. Cela représente 1 à 3 milliards de streams par an.[10]

Mais Deezer, la plateforme française, va plus loin. Selon Ludovic Pouilly de Deezer, « 7% du volume de streams quotidien est aujourd’hui détecté comme frauduleux », soit quelque 45.000 comptes à activité suspecte.[11] Sept pour cent. C’est plus du double de l’estimation du CNM.

Au Danemark, des poursuites et une condamnation ont suivi.[5] Aux États-Unis aussi.[4] En France ? Une étude. Des chiffres. Mais aucune poursuite. Aucun nom. Aucune action.

Le SNEP a lancé des soupçons en 2016. Le CNM a confirmé la fraude en 2021. Deezer détecte 7% de fraude quotidienne en 2022. Mais qui a été poursuivi ? Personne.

Comme le note le média d’investigation Les Jours : « La vraie question, c’est ce que ça représente dans le haut du classement. »[11] Car 7% de fraude globale ne dit rien si 30% des streams des plus gros succès sont artificiel

 

La double morale de Spotify

Pendant ce temps, Spotify applique une politique qui frappe durement les petits artistes :

Depuis 2024 :Les morceaux doivent atteindre au moins 1.000 streams par an pour générer des redevances. Cela coûte collectivement aux petits artistes 47 millions de dollars par an. Cet argent est redistribué aux… grands artistes. Taylor Swift, Drake, Bad Bunny.[12][13]

Depuis 2024 : Les distributeurs reçoivent une amende de 10 $ par titre lorsque Spotify détecte un « streaming artificiel flagrant ». Les petits distributeurs comme TuneCore, DistroKid et CD Baby traitent des centaines de milliers d’artistes par an. Une erreur d’un artiste peut leur coûter des millions.[3]

Réalité :Benn Jordan, un artiste électronique qui avait gagné plus de 500.000 $ en redevances de streaming, ne pouvait plus lire sa musique le 9 février 2024. Spotify avait supprimé tous ses morceaux pour « activité de streaming suspecte ». Il n’avait rien fait. Sa musique figurait sur des playlists créées par d’autres qui se sont révélées frauduleuses après coup. Sa carrière : détruite.[14]

Pendant ce temps, les milliards de streams prétendument bots de Drake continuent d’être comptabilisés. Pas de suppression. Pas d’amende pour Universal Music Group. Pas d’enquête.

Le schéma est cristallin : Spotify introduit des mesures « anti-fraude » qui touchent principalement les artistes indépendants, alors qu’un recours collectif affirme que la plateforme « ferme délibérément les yeux » sur la fraude par bots des grands noms car plus d’« utilisateurs » – même faux – signifie plus de revenus publicitaires.

Le système est truqué

L’inégalité structurelle dans l’économie du streaming n’est pas un bug, c’est une fonctionnalité :

Monopole des playlists :Sony possède Filtr, Warner possède Topsify, Universal possède Digster. Ce sont les plus grandes sociétés de playlisting « indépendantes » sur Spotify. Leurs playlists comme “RAP FRANCAIS 2026” (Filtr France) se présentent comme une curation neutre, mais se composent presque entièrement d’artistes de… Sony, Warner, Universal.[15]

Discovery Mode : Les petits artistes doivent payer Spotify pour la visibilité algorithmique via « Discovery Mode » – en sacrifiant une partie de leurs redevances. Les major labels obtiennent le même service gratuitement.[16]

Seuil minimum : Le seuil de 1.000 streams élimine les petits artistes du pool de redevances. Ces 47 millions de dollars par an vont proportionnellement aux artistes avec plus de streams – donc principalement aux majors.[12][13]

Garanties : Dans des contrats divulgués de 2011, Sony bénéficie de montants minimum garantis par stream (0,00225 $ pour le niveau gratuit). Si le paiement réel est inférieur, Spotify compense la différence. Au détriment des artistes indépendants, pas de Spotify lui-même.[15]

Lucian Grainge, PDG d’Universal Music Group, a récemment qualifié les petits distributeurs de « merchants of garbage » (marchands d’ordures). Son argument : les artistes sans base de fans existante ne méritent pas leur place sur les plateformes de streaming. Ils polluent le pool de redevances.[17]

Ceci alors que son propre artiste Drake est accusé de fraude massive par bots.

Contexte français : les questions qui doivent être posées

Retour à la France, où les chiffres sont « démesurés » mais personne n’enquête. Quelques anomalies statistiques qui méritent l’attention :

Explosions semaine 1 : Les hits rap français atteignent régulièrement en une semaine des chiffres de streaming statistiquement improbables pour un marché de 67 millions de personnes. En comparaison : quand Taylor Swift – avec une base de fans mondiale de centaines de millions – sort un album, ses chiffres semaine 1 par habitant sont souvent inférieurs à ceux des rappeurs français en France.

Discordance YouTube vs Spotify :Internationalement, il existe généralement un ratio raisonnable entre les vues YouTube et les streams Spotify (variant par genre, mais dans des fourchettes prévisibles). Pour divers hits français, on voit des chiffres Spotify significativement supérieurs aux vues YouTube – ce qui est suspect, étant donné que YouTube est également massivement utilisé en France.

Capacité des concerts vs streaming :Des artistes avec des dizaines de millions de streams qui ont du mal à remplir une salle de 1.000 personnes. Bien sûr, le streaming est international, mais pour les artistes français qui rappent principalement en français et dont 90%+ des streams proviennent de France, on s’attendrait à une corrélation plus forte.

 

 

Pics soudains sans raison :Des morceaux qui génèrent soudainement des millions de nouveaux streams des mois après leur sortie sans raison claire (pas de nouvelle vidéo, pas de viral TikTok, pas de moment médiatique).

Le phénomène Jul : Plus de 7 milliards de streams cumulés, plus d’albums que tout autre rappeur français. Statistiquement, cela signifierait que chaque jeune en France a écouté Jul en moyenne 350 fois. Possible ? Oui. Probable sans aucune amplification artificielle ? Les questions restent. Ce ne sont pas des accusations. Ce sont des observations qui appellent à une enquête. Une enquête qui n’existe pas.

La question n’est pas si, mais pourquoi pas

La fraude au streaming existe. C’est un fait. Michael Smith l’a commise et risque 60 ans de prison. Un Danois l’a commise et a été emprisonné. Le gouvernement français l’a étudiée et a trouvé des milliards de streams frauduleux.

Drake en est accusé par un recours collectif. Spotify lui-même est accusé par un recours collectif de faciliter des milliards de streams bots parce que c’est financièrement avantageux.

En France, les chiffres sont « démesurés ». Statistiquement improbables. Inexpliqués. Et non enquêtés.

Pourquoi ?

Est-ce parce que les jeunes français streament vraiment beaucoup plus que des marchés comparables ?Possible, mais cela serait facile à vérifier avec des données transparentes. Ces données n’arrivent pas.

Est-ce parce que le rap français est vraiment supérieur ? Également possible, mais cela n’explique pas pourquoi les chiffres par habitant sont tellement plus élevés que pour des genres comparables dans des marchés comparables.

Est-ce parce que personne n’a intérêt à creuser ? Les labels gagnent beaucoup d’argent. Spotify gagne beaucoup d’argent. Les artistes gagnent beaucoup d’argent. Les médias aiment écrire sur le succès français. Qui va alors poser des questions ?

La réponse est inconfortable : il y a probablement une combinaison de facteurs à l’œuvre. Probablement qu’une partie des chiffres français est légitime – la France score effectivement élevé sur l’adoption du streaming. Mais probablement aussi qu’une partie est… moins légitime.

Et cette partie est tolérée tant qu’elle rapporte de l’argent aux gros acteurs.

Une proposition de transparence

Cet article ne formule pas d’accusations contre des artistes individuels. Ce n’est pas possible, car il n’y a pas d’accès aux données. Et c’est précisément le point.

Ce qui doit se passer :

1. Transparence de Spotify :Publier les chiffres français sur la détection de fraude. Si la France a 1-3% selon le CNM mais 7% selon Deezer, qu’a réellement Spotify ? Pourquoi ces données n’existent-elles pas ?

2. Enquête indépendante :Comme en France avec l’étude CNM, il devrait y avoir une enquête de suivi avec des données de toutes les plateformes, labels et distributeurs. Avec des noms. Avec des conséquences.

3. Normes égales :Si un petit artiste est banni définitivement pour 1.000 streams achetés, pourquoi un grand artiste avec des milliards de streams suspects n’est-il pas enquêté ?

4. Aperçu statistique :Publier des données comparatives : streams par habitant, ratios YouTube, fréquentation des concerts vs streams. Rendre possible de comparer les chiffres français avec des marchés comparables.

5. Application pour tous : Si Michael Smith risque 60 ans de prison pour 10 millions de dollars de streams frauduleux, pourquoi cette même norme ne s’applique-t-elle pas aux artistes major label avec des milliards de streams suspects ?

Suivez l’argent

La vérité sur la fraude au streaming est simple : elle existe, elle est massive, et elle est principalement punie quand les petits acteurs la commettent. Quand les gros acteurs appliquent les mêmes pratiques – ou en profitent même – l’industrie regarde ailleurs. Le cas Drake est important car il expose cette double morale. La situation française est importante car elle montre que cette double morale joue également localement, mais y est encore moins étudiée qu’internationalement. 11,7 millions de streams en 24 heures. Sept milliards de streams cumulés pour un artiste. Des chiffres « démesurés ». Dans un pays de 67 millions de personnes, dont peut-être 20 millions constituent le public cible.

C’est possible. C’est vraiment possible.

Mais il se pourrait aussi très bien que ce ne soit pas correct. Et tout ce que nous demandons est : montrez-nous les données. Montrez-nous l’enquête. Traitez les grands artistes comme vous traitez les petits artistes. Car actuellement, l’économie du streaming repose sur un principe : si vous êtes assez grand, les règles ne s’appliquent pas à vous. Et cela, plus que tout, va détruire toute cette industrie.

 Sources

[1] Classaction.org (5 novembre 2025). “Spotify Lawsuit Alleges Billions of Streams, Including Some of Drake’s, Are Fraudulent.” https://www.classaction.org/news/spotify-lawsuit-alleges-billions-of-streams-including-some-of-drakes-are-fraudulent [2] Classaction.org (5 novembre 2025). Citation : “investigation suggests that a ‘substantial’ portion of that activity appeared to be attributed to bot accounts that streamed songs for hours on end from obscure, poorly disguised locations.” [3] Spotify for Artists (novembre 2023). “Modernizing Our Royalty System to Drive an Additional $1 Billion toward Emerging and Professional Artists.” https://artists.spotify.com/en/blog/modernizing-our-royalty-system [4] U.S. Department of Justice (4 septembre 2024). “North Carolina Musician Charged With Music Streaming Fraud Aided By Artificial Intelligence.” https://www.justice.gov/usao-sdny/pr/north-carolina-musician-charged-music-streaming-fraud-aided-artificial-intelligence [5] NOS (21 mars 2024). “Deen krijgt celstraf voor sjoemelen met muziekstreams.” https://nos.nl/l/2513665 [6] Booska-P (2 février 2017). “Le rap français accusé, sans preuve, de triche sur le streaming?” Citation SNEP : “certains artistes de Rap Hip Hop cumulent des scores d’écoutes démesurés sur les plates-formes de streaming audio.” https://www.booska-p.com/new-le-rap-francais-accuse-sans-preuve-de-triche-sur-le-streaming-n70418.html [7] 13or-du-HipHop (20 mars 2021). “SCH plus fort que Booba, le S détrône B2O!” https://www.13or-du-hiphop.fr/2021/03/20/sch-plus-fort-que-booba-le-s-detrone-b2o/ [8] Charts in France (16 avril 2023). “Ninho, Nekfeu, Jul : la liste des 60 rappeurs français les plus streamés de tous les temps.” https://www.chartsinfrance.net/actualite/news-124547.htm [9] Billboard France (13 février 2025). “Streaming : épidémie de faux titres sur le rap français.” https://fr.billboard.com/streaming-epidemie-de-faux-titres-sur-le-rap-francais/ [10] TuneCore France. “Streamingfraude op Spotify en andere platforms.” Référence à l’étude CNM estimant 1-3% de fraude en France. https://www.tunecore.com/nl/guides/streamingfraude-op-spotify-en-andere-platforms-plus-hoe-u-het-kunt-voorkomen [11] Les Jours (7 septembre 2022). “Fraude avec les stars.” Citation Ludovic Pouilly (Deezer) : “7% du volume de streams quotidien est aujourd’hui détecté comme frauduleux.” https://lesjours.fr/obsessions/fake-stream/ep1-fraude-stars/ [12] Disc Makers (21 avril 2025). “Spotify’s $47 Million Deception: How Small Artists Got Robbed.” https://blog.discmakers.com/2025/04/how-small-artists-got-robbed/ [13] Spotify for Artists (novembre 2023). “Modernizing Our Royalty System.” Citation : “Starting in early 2024, tracks must have reached at least 1,000 streams in the previous 12 months in order to generate recorded royalties.” [14] Variety (13 avril 2024). “Spotify Removing Artists’ Music for Streaming Fraud They Didn’t Commit.” https://variety.com/2024/music/news/spotify-artists-streaming-fraud-1235965379/ [15] What To Do About Spotify. “The Record Label Oligopoly.” Analyse des playlists détenues par les major labels. https://www.whattodoaboutspotify.com/essays/spotify-streaming-rigged-for-major-labels [16] The Hollywood Reporter (6 novembre 2025). “Spotify Class Action Alleges Fraud, ‘Pay-for-Play’ Regime.” https://www.hollywoodreporter.com/business/business-news/spotify-class-action-lawsuit-1236419218/ [17] Disc Makers (10 octobre 2024). “Indie Musicians — Fight Spotify’s Royalty Theft.” Citation Lucian Grainge : “merchants of garbage.” https://blog.discmakers.com/2023/11/spotify-royalty-theft/