L’aperçu des nouveaux albums : Maaike Ouboter, Hér et plus

Chaque semaine, des dizaines de nouveaux albums arrivent à la rédaction de Maxazine. Bien trop nombreux pour tous les écouter, et encore moins pour tous les critiquer. Une critique par jour fait qu’il reste trop d’albums délaissés. Et c’est dommage. C’est pourquoi nous publions aujourd’hui un aperçu des albums qui arrivent à la rédaction sous forme de critiques courtes.

Lambrini Girls – Who Let the Dogs Out

Le duo punk britannique Lambrini Girls se jette dans les problèmes politiques et sociaux avec leur premier album “Who Let the Dogs Out” sans jamais tenir leur langue. Phoebe Lunny et Lilly Macieira frappent fort dès le départ avec “Bad Apple”, une attaque contre la violence policière, suivie de “Company Culture” sur les abus sexuels au travail et “Big Dick Energy” qui dénonce la masculinité toxique. Enregistré avec le bassiste de Gilla Band Daniel Fox et mixé par Seth Manchester, l’album sonne brut et non poli, exactement comme prévu. Des morceaux comme “Filthy Rich Nepo Baby” et “You’re Not From Around Here” combinent des paroles percutantes avec des riffs puissants rappelant IDLES et Bikini Kill. Ce qui ressort, c’est comment le duo utilise la vulnérabilité personnelle, comme sur “Nothing Tastes As Good As It Feels” sur les troubles alimentaires et “Special Different” sur la neurodivergence. Bien que certains morceaux risquent de devenir répétitifs vers le milieu de l’album, l’énergie reste élevée. Le morceau final “Cuntology 101” opte étonnamment pour un son de dancefloor plus joyeux, redéfinissant le mot de manière positive. En seulement vingt-neuf minutes, Lambrini Girls prouvent que le punk est toujours vivant. (William Brown) (7/10) (City Slang)

Hér – Monochrome

Sur “Monochrome”, on entend un mélange de mélodies slaves et d’ambiances scandinaves, de fusion nordique et de jazz. L’inspiration de ce groupe polonais vient de la poésie de sagesse norvégienne du XIe siècle. L’album s’ouvre sur des sons lents et doux. Le chant guttural le rend encore plus spécial. Les paroles consistent en une seule phrase répétée de manière monotone, correspondant au rythme staccato de la percussion. Le mélange de voix et d’instruments (à cordes), ainsi que la structure, est inhabituel mais intrigant. “Needles and Bark” ne comporte que quelques lignes, répétées de différentes manières, chacune avec émotion. “Patience in Observation” est moins expérimental que les autres morceaux mais semble en partie “trance”. En revanche, le jazzy “Praise the Day” est quelque peu agité et ardent. Les sept morceaux contiennent une combinaison unique de percussion et d’instruments (à cordes). Le saxophone est surtout subtil, et les synthétiseurs se fondent parfaitement avec la musique. Silence et puissance, lumière et ombre sont enveloppés dans une atmosphère très particulière. Cette atmosphère est difficile à décrire ; il faut vraiment la ressentir. “Monochrome” est l’un des albums les plus remarquables de tous les temps. (Esther Kessel) (7/10) (Season of Mist)

The Halo Effect – March of the Unheard

Le groupe suédois de death metal mélodique The Halo Effect, composé d’anciens membres d’In Flames et du chanteur de Dark Tranquillity Mikael Stanne, livre avec “March of the Unheard” un second album qui adopte le son de Göteborg sans tomber dans la nostalgie. L’ouverture “Conspire to Deceive” donne le ton avec des synthés progressifs qui se transforment en riffs serrés, suivis de morceaux énergiques comme “Detonate” et le titre éponyme, imprégnés de lignes de guitare mélodiques et des growls venimeux de Stanne. Le groupe met davantage l’accent sur l’atmosphère et la mélancolie que leurs prédécesseurs, avec des cordes orchestrales sur “Between Directions” et le chant clair rare de Stanne ajoutant une profondeur émotionnelle supplémentaire. Bien que “This Curse of Silence” semble une interlude un peu superflue et que le morceau final “Coda” soit trop long, la qualité reste remarquablement constante. Des morceaux comme “Cruel Perception”, “Our Channel to the Darkness” et “Forever Astray” offrent exactement ce que recherchent les fans de melodeath : des mélodies inspirées d’Iron Maiden combinées à l’agressivité du thrash. C’est une musique qui regarde à la fois vers la gloire des années 1990 tout en adoptant une approche contemporaine, grâce en partie au producteur Mark Ralph. (Anton Dupont) (7/10) (Nuclear Blast)

Ludvig Søndergard – Creature Dances

Un album présenté comme ‘une fascination pour l’imparfait, l’instable et l’humain derrière la précision’. La piste d’ouverture de “Creature Dances”, judicieusement intitulée “Opening Track”, sonne imparfaite, non structurée, chaotique. Du moins dans les premières mesures : il faut un moment pour attraper le groove, qui est définitivement là. Le batteur danois Ludvig Søndergard aime déstabiliser l’auditeur avant qu’il ne comprenne vraiment la composition. Le deuxième morceau de ce premier album, “T.H.E.K.A.K.A.M.A.N.”, est beaucoup plus accessible, avec un thème clair, comme les morceaux plus courts : “Loopmachine” et “Return” sont agréables à écouter. Søndergard étant batteur, les compositions tournent principalement autour de la batterie, mais pas toujours pour maintenir le rythme, rôle principal du batteur. Le Danois utilise son instrument de manière mélodique, surtout dans les morceaux plus libres et improvisés, “Final Track” en étant un bon exemple. En un sens, “Creature Dances” peut être considéré comme innovant. Pour Søndergard, il s’agit de composition et d’expérimentation, explorant la frontière entre structure et liberté de l’improvisation, avec flûte, saxophone, piano et vibraphone créant un jazz particulièrement coloré et aventureux. (Jeroen Mulder) (7/10) (Dox Records)

Maaike Ouboter – Lievelingsliedjes Mixtape

Nous avons tous des chansons que nous emportons de l’enfance à l’âge adulte. Comme des balises précieuses, elles nous guident vers des souvenirs et peut-être un désir du moment où nous avons entendu une chanson pour la première fois. Quelle richesse incroyable d’avoir une voix capable d’exprimer ce désir par le chant. Maaike Ouboter a arrangé cinq chansons qui lui étaient spéciales et qui l’ont formée musicalement. Le résultat est ce “Lievelingsliedjes Mixtape”. Mais ce sont bien plus que cinq chansons. Ce sont des traductions de chansons existantes en néerlandais, mais surtout des histoires très personnelles. Avec le producteur Bernard Gepken, elle les a enregistrées dans de magnifiques interprétations qu’elle seule peut offrir, avec sa voix pure et ouverte, capable de sonner à la fois puissante et vulnérable. C’est une expérience intime de la musique et de la mémoire, formant un magnifique aperçu de son développement musical. Compliments à Gepken, qui a réussi à concentrer toute l’attention sur la voix dans la production. Écoutez cette EP et laissez-vous immerger. Laissez-la pénétrer sous votre peau. Faites ce voyage et revenez. Peut-être le seul bémol… quinze minutes passent trop vite. (Jeroen Mulder) (8/10) (OETS)