Chaque semaine, des dizaines de nouveaux albums arrivent à la rédaction de Maxazine. Bien trop nombreux pour tous les écouter, encore moins pour les critiquer. Une critique par jour fait que trop d’albums restent sur l’étagère. Et c’est dommage. C’est pourquoi nous publions aujourd’hui un aperçu des albums qui arrivent à la rédaction sous forme de critiques courtes.
Dorea – O Que Mais Você Quer Saber De Mim
Que veux-tu encore savoir de moi ? C’est la question que pose le chanteur-auteur-compositeur brésilien Dorea sur son deuxième album studio. Il n’aurait pas pu choisir meilleur titre. Ses émotions les plus profondes constituent les thèmes extrêmement vulnérables des onze morceaux. Pour beaucoup d’auditeurs, les questions, les doutes et l’intimité resteront cachés dans le portugais brésilien, mais la musique parle malgré tout d’elle-même, même si cette intimité, portée par des voix murmurées, peut aussi serrer la gorge. Cela vaut pourtant la peine de continuer à écouter : avec “O Que Mais Você Quer Saber De Mim” Dorea livre un album varié, de la folk intimiste aux influences rock et blues, où sa voix et sa guitare restent toujours centrales. Cette voix (peut-être trop) fragile et son jeu de guitare raffiné tiennent bon dans des arrangements subtils avec percussions et cuivres. C’est une musique qui n’a pas besoin d’ornements, ils nuiraient seulement à son authenticité. On entend les couches profondes et les nuances fragiles, aussi dans les morceaux plus rapides comme “Maria Milhões” et “Essa Pressa”, mais surtout dans les dépouillés “Sem Ancorar” et “Meu Lugar”. Ce dernier comporte en outre une ligne vocale techniquement exigeante où Dorea dialogue presque avec un saxophone. Dans un tel morceau, on entend que le Brésilien est un compositeur remarquable. Un disque agréable pour les soirées d’été paresseuses. Elles reviendront sans doute. (Jeroen Mulder) (7/10) (AJABU!)

The Messthetics & James Brandon Lewis – Deface the Currency
Après 150 concerts en une seule année, The Messthetics et le saxophoniste James Brandon Lewis reviennent avec “Deface the Currency”, leur deuxième collaboration sur le légendaire label Impulse! Records. Le groupe, formé par la section rythmique des pionniers post-hardcore Fugazi, le bassiste Joe Lally et le batteur Brendan Canty, complété par le guitariste Anthony Pirog, sonne désormais comme une machine parfaitement huilée qui pulvérise les genres avec plaisir. Le morceau-titre s’ouvre sur la guitare tranchante de Pirog et le saxophone déstructuré de Lewis en duel brûlant ; “Gestations” pose une mélodie bebop sur un groove funk serré et la valse “Universal Security” déraille joyeusement vers le chaos cosmique. “Serpent Tongue (Slight Return)” clôt l’album en rappelant que le punk est ici aussi présent que le jazz. Avec seulement sept morceaux et 36 minutes, “Deface the Currency” est bref mais explosif, un album qui maintient avec classe l’équilibre entre composition et improvisation. (Elodie Renard) (8/10) (Impulse!)

Megan Moroney – Cloud 9
Sur son troisième album studio “Cloud 9”, publié par Columbia Records, Megan Moroney montre qu’elle a pleinement trouvé sa place dans la country. Elle s’est auparavant révélée avec “Tennessee Orange” et “Am I Okay?” ; elle paraît désormais plus sûre d’elle que jamais. Le morceau-titre s’ouvre sur une douce chaleur mid-tempo, tandis que “Change of Heart” éclate d’énergie pop-punk. “Bells & Whistles” avec Kacey Musgraves est un couteau subtil : empathique et tranchant à la fois. Ed Sheeran apparaît sur le déchirant et rootsy “I Only Miss You”. “Liars & Tigers & Bears” réfléchit aux attentes impossibles imposées aux femmes dans l’industrie musicale, et le morceau final “Waiting on the Rain” se termine avec un arrangement de cordes cinématographique et des chœurs de Jamey Johnson. L’écriture est parfois moins précise que sur les œuvres précédentes, mais la justesse émotionnelle et l’accessibilité de “Cloud 9” en font son disque le plus complet à ce jour. (William Brown) (8/10) (Columbia)

Vinyl Floor – Balancing Act
“Balancing Act” est le sixième album de ce groupe pop/rock danois. L’album sort sur leur propre label Karmanian Records. Vinyl Floor est composé des frères Daniel et Thomas Charlie Pedersen. Sur “Balancing Act” ils sont accompagnés de divers musiciens invités, dont le multi-instrumentiste suédois Bebe Risenfors, connu pour son travail avec Tom Waits, le violoniste danois Christiaan Ellegaard et le guitariste américain Daniel Hecht. Le dossier de presse indique que Vinyl Floor joue un rock mélodique aux éléments progressifs et symphoniques. Je ne suis pas tout à fait d’accord. Le seul aspect progressif ou symphonique réside dans l’usage d’instruments peu courants dans la pop/rock. N’attendez pas de mesures complexes ni de longues compositions développées. “Balancing Act” est un album pop/rock agréable qui plaira aux fans des B-52’s, de Weezer, de Radiohead et même aux amateurs d’auteurs-compositeurs comme Simon and Garfunkel. (Ad Keepers) (7/10) (Karmanian Records)

Hilary Duff – luck… or something
Après plus de dix ans de silence, l’Américaine Hilary Duff revient avec son sixième album studio “luck… or something”, publié par Atlantic Records et coproduit par son mari Matthew Koma. L’album compte onze morceaux et marque un passage notable de l’électropop brillante de “Breathe In. Breathe Out.” vers une pop plus honnête aux accents d’auteur-compositeur. Le single principal “Mature” aborde avec autodérision le schéma d’hommes plus âgés qualifiant de jeunes femmes de mûres pour leur âge, tandis que “Roommates” décrit l’ennui qui s’installe dans un mariage avec des paroles évocatrices. “We Don’t Talk” traite l’éloignement douloureux de sa sœur Haylie dans une chanson émotive mais jamais théâtrale, et “Growing Up” utilise un sample de Blink-182 pour refléter la génération millénaire. Le morceau final “Adult Size Medium” conclut l’album de manière introspective. Duff paraît à la fois confiante et vulnérable, même si toutes les chansons ne sont pas également fortes et que l’album manque parfois de l’étincelle qui rendait ses débuts si mémorables. (William Brown) (6/10) (Atlantic Records)

