L’aperçu des nouveaux albums : Circa Waves, Richard Marx et plus

Chaque semaine, des dizaines de nouveaux albums arrivent à la rédaction de Maxazine. Beaucoup trop pour tous les écouter, encore moins pour les critiquer. Une critique par jour fait que trop d’albums restent de côté. Et c’est dommage. C’est pourquoi nous publions aujourd’hui un aperçu des albums qui arrivent à la rédaction sous forme de critiques courtes.

Urne – Setting Fire To The Sky

Le trio londonien Urne sort son troisième album avec “Setting Fire To The Sky”. Urne est accompagné vocalement sur le single d’ouverture de plus de neuf minutes “Harken The Waves” par nul autre que Troy Sanders de Mastodon. La violoncelliste Jo Quail apparaît également sur le mélancolique “Breathe”. L’album bénéficie d’une production moderne assurée par Justin Hill (SikTh). “Setting Fire To The Sky” est un plaisir à écouter, avec des influences de Mastodon, Gojira et Machine Head. Voilà à quoi doit ressembler le metal moderne. La nouvelle année commence bien. (Ad Keepers) (8/10) (Spinefarm/PIAS)

Ela Minus – DÍA

La productrice et multi-instrumentiste colombienne Ela Minus montre une remarquable évolution artistique avec son deuxième album. Alors que le premier album “acts of rebellion” était volontairement intime et minimaliste, “DÍA” est à la fois introspectif et expansif. Les dix titres sont mixés par Marta Salogni et masterisés par Heba Kadry, la même équipe que pour son premier album. L’ouverture “ABRIR MONTE” évoque les vagues rave luxuriantes de Jamie xx, tandis que “ONWARDS” rappelle l’électroclash à son apogée. Les singles comme “BROKEN” et “UPWARDS” démontrent comment Ela Minus équilibre accessibilité pop et ambition expérimentale. Le titre en espagnol “QQQQ” exige que le monde s’achève si les choses continuent ainsi, servant presque d’intermède pour la seconde moitié de l’album. Les textures sombres de “IDOLS” et le morceau sans batterie “IDK” ajoutent du poids, montrant qu’Ela Minus peut vous faire danser autant que réfléchir. (Elodie Renard) (8/10) (Domino)

Circa Waves – Death & Love Pt. 1

Le groupe indie rock de Liverpool revient avec son sixième album, né d’une crise personnelle. Le chanteur Kieran Shudall a subi en 2023 une opération cardiaque mettant sa vie en danger, inspirant ce disque introspectif mais énergique. Les neuf titres sont produits par le groupe et l’ingénieur Matt Wiggins, connu pour son travail avec Adele et Lana Del Rey. L’ouverture “American Dream” est conçue pour les festivals, tandis que “Le Bateau”, nommé d’après un club bien-aimé de Liverpool, capture l’ambiance électrique à trois heures du matin. L’album alterne facilement entre morceaux légers comme “Let’s Leave Together” et magnifiques ballades telles que “Hold It Steady” et “Blue Damselfly”. La production crée un paysage sonore à la fois intime et expansif. L’album se termine par “Bad Guys Always Win”, dont la musique enjouée contraste avec les paroles amères. Le titre suggère une suite, mais en attendant, “Death & Love Pt. 1” constitue un retour solide d’un groupe prouvant que les épreuves personnelles peuvent engendrer une musique puissante. (Anton Dupont) (7/10) (Lower Third)

Damon Locks – List of Demands

Le musicien et professeur de Chicago Damon Locks présente son premier album complet basé sur le spoken word et les textes. Les douze morceaux constituent une rare œuvre dans la musique électronique, alliant production avancée et sonorités bruyantes à une introspection sincère. L’album présente une vision de la libération noire sous forme de cycle de chansons mêlant courtes expérimentations rythmiques à la Nikki Giovanni et MF DOOM. Les constructions basées sur des samples sont imprégnées non seulement d’observations culturelles aiguës mais aussi d’engagement communautaire direct. Les décennies d’expérience de Locks relient l’improvisation expérimentale, le hip-hop basé sur des samples, le punk et la poésie. Sur “High Priestess”, la poétesse Krista Franklin apporte sa voix, tandis que le corniste Ben LaMar Gay, la violoniste Macie Stewart et le turntablist Ralph Darden apportent profondeur et équilibre. “Isn’t It Beautiful” combine batterie et violon avec les rythmes vocaux caractéristiques de Locks, tandis que “Meteors of Fear” utilise des scratches pour développer les sons échantillonnés hachés et saccadés. L’album offre un panorama concentré de l’œuvre de Locks et peut être considéré comme le disque le plus Damon Locks à ce jour. (Elodie Renard) (8/10) (International Anthem)

Richard Marx – After Hours

Richard Marx. Vous savez, ce gars aux cheveux longs qui a eu un énorme succès dans les années quatre-vingt avec “Right Here Waiting”. Les cheveux sauvages ont disparu, mais la voix brute reste, et il continue de faire de la musique. Et comme tout musicien respectable et un peu installé, un album de big band devait être ajouté à l’œuvre. C’est “After Hours”. Alors que beaucoup d’artistes de son calibre se laissent porter par la nostalgie, Marx réussit à rendre l’album étonnamment frais sans renier son ADN musical. Il excelle toujours dans les ballades qui pourraient faire éclater l’émail de vos dents. Il fait appel à l’aide de Rod Stewart sur “Young at Heart”. Stewart peut avoir un cœur jeune, mais vocalement ce n’est pas au mieux. C’est l’une des collaborations les moins réussies de l’album. Qu’il soit pardonné, car sur “Magic Hour” et “Big Band Boogie”, avec la contribution de Kenny G, Marx se rattrape complètement. Sa voix distinctive a gagné en profondeur avec les années, sonne plus vécue, ce qui convient parfaitement au répertoire. Combiné à des arrangements solides et une production impeccable, “After Hours” est un excellent album pouvant rivaliser avec de nombreux classiques du crooner. (Jeroen Mulder) (7/10) (Richard Marx)