Chaque semaine, des dizaines de nouveaux albums arrivent à la rédaction de Maxazine. Bien trop nombreux pour tous les écouter, encore moins pour les critiquer. Une critique par jour fait que trop d’albums restent sur l’étagère. Et c’est dommage. C’est pourquoi nous publions aujourd’hui un aperçu des albums qui arrivent à la rédaction sous forme de critiques courtes.
CHALK – Crystalpunk
Belfast envoie ses salutations. CHALK, soit quatre jeunes Irlandais avec trop d’énergie et apparemment trop peu de sommeil, fait ici ses débuts avec un album qui sonne comme si le légendaire Joy Division et une cave techno avaient décidé d’avoir un enfant avant d’oublier de l’élever. Basse martelante, guitares post-punk qui réclament l’attention, et un monde brisé en toile de fond. Crystalpunk est brut, parfois impatient, mais toujours honnête. L’influence de PiL est évidente. Ceux qui aiment le début des années quatre-vingt, ou ceux qui sonnent comme si ces années n’avaient jamais été abandonnées, doivent écouter cela. Un début percutant. (Anton Dupont) (7/10) (ALTER Music LLC)

Johnny Blue Skies & The Dark Clouds – Mutiny After Midnight
Country-funk rock. Sturgill Simpson avait promis un album dansant, un ‘acte de protestation par un hédonisme disco pur, non censuré et implacable’. “Mutiny After Midnight” tient parole. Enregistrés à Easy Eye Studio de Dan Auerbach à Nashville, les Dark Clouds sonnent comme un groupe qui vit ensemble depuis des années : le guitariste Laur Joamets lâche des riffs, le saxophoniste Raw B se déchaîne, et Simpson écrit des textes qui oscillent après minuit entre colère politique et carnaval sans retenue. “Make America Fuk Again” donne le ton : nostalgie boule à facettes et country de bar en un seul mouvement. “Don’t Let Go” apaise avec une lente ballade country sur l’amour durable. “Excited Delirium” est rapide, politique et incisif. Tout le monde ne supportera pas le choc. Mais pour ceux qui veulent une nuit blanche avec un groupe en fête qui s’en moque de tout. Commencez avec “A Sailor’s Guide to Earth”. (Jan Vranken) (8/10) (High Top Mountain)

Jorge Drexler — Taracá
Le lauréat uruguayen d’un Oscar pour “Al Otro Lado del Río” du film The Motorcycle Diaries propose son album le plus détendu depuis des années. Taracá, nommé d’après une rivière de l’Amazonie, est un voyage méditerranéen entre folk, flamenco et une forme de contemplation silencieuse. Drexler écrit des textes qui ressemblent à des haïkus en espagnol : peu de mots, grande portée. La production est sobre et au service des morceaux. Pas de spectacle, pas de superflu. Ceux qui ont aimé “Todo Se Transforma” trouveront ici une version plus mature de la même honnêteté. Pour un dimanche matin tranquille sans obligations. (Anton Dupont) (8/10) (Warner Music Latina)

Flying Lotus – BIG MAMA EP
Électronique. Steven Ellison, alias Flying Lotus, a contribué pendant trente ans aux albums des autres, mais son propre label Brainfeeder n’avait jamais porté son nom sur la pochette jusqu’à présent. Avec l’EP “BIG MAMA”, cela change, et de quelle manière. En treize minutes réparties sur sept titres, il libère une cacophonie qu’il décrit comme ‘un ordinateur qui perd la tête.’ Aucune boucle ne se répète, chaque fragment est unique. “CAPTAIN KERNEL” projette des accords néon sur des lignes de clavier jazzy ; “BROBOBASHER” passe d’un piano contemplatif à un morceau techno ; “ANTELOPE ONIGIRI” est de la braindance pure avec des lignes acid dans tous les sens. C’est un flux de conscience musical en format compressé, trop rapide pour être totalement saisi à la première écoute, mais trop inventif pour être ignoré. Les fans de “You’re Dead!” savent à quoi s’attendre. (Jan Vranken) (7/10) (Brainfeeder)

Ramses – Desert Storm
Ramses est un groupe belge de hard rock heavy metal dont je connais peu de choses. J’espère que cette courte critique changera cela, car Ramses mérite une scène plus grande que celle qu’il a actuellement. “Desert Storm” est un album concept de douze titres. Avec l’Égypte ancienne comme thème, les paroles traitent principalement de la mythologie égyptienne et la musique comporte de nombreuses lignes de guitare orientales. “Desert Storm” a été enregistré en autoproduction au Rockstar Recording Studios et sonne très bien, surtout pour une production indépendante. L’utilisation d’un chœur et d’instruments peu courants dans le hard rock heavy metal, comme le xaphoon, distingue également Ramses des groupes similaires du genre. Ce mois-ci, un CD single promotionnel est sorti avec “Desert Storm” et “Depths Of My Soul” en avant-goût. Ce single est disponible en streaming sur Spotify. La date de sortie de l’album complet n’était pas encore connue au moment de la rédaction, mais cela ne saurait tarder. (Ad Keepers) (7/10) (Production indépendante)

