Chaque semaine, des dizaines de nouveaux albums arrivent à la rédaction de Maxazine. Beaucoup trop pour tous les écouter, encore moins pour les critiquer. Une critique par jour fait que trop d’albums restent sur l’étagère. Et c’est dommage. C’est pourquoi nous publions aujourd’hui un aperçu des albums qui arrivent à la rédaction sous forme de critiques courtes.
Walter Smith III – Twio Vol. 2
Ceci est destiné aux puristes du jazz, car le saxophoniste ténor Walter Smith III revient au trio classique avec seulement batterie et basse comme section rythmique minimale, offrant une liberté maximale pour l’improvisation. Dans un arrangement aussi réduit, tout dépend de cette improvisation: elle doit captiver du début à la fin par sa construction, sa mélodie, son expression et sa couleur sonore. C’est précisément la spécialité de ce musicien américain. Ce n’est pas pour rien qu’il est lié au Berklee College of Music, car sur “Twio Vol. 2” (une variation ludique du mot “trio”), nous entendons une véritable masterclass de timing et de maîtrise. Comme base, Smith III utilise des standards de jazz et des morceaux issus de l’American Songbook, y compris un swing à l’ancienne dans “Casual-lee”. C’est familier, mais en même temps un matériau qui se prête à une nouvelle interprétation où la simplicité est le principe directeur. Le résultat: du jazz pur. Rien de plus, rien de moins. Seulement ces jeux de mots. Franchement, voyons. (Jeroen Mulder) (7/10) (UMG Recordings)

Waterbaby – Memory Be a Blade
La chanteuse-compositrice de Stockholm Kendra Egerbladh, mieux connue sous le nom de Waterbaby, publie son premier album “Memory Be a Blade” sur Sub Pop, faisant suite à l’EP “Foam” de 2023. Cet album de huit titres est plus sombre et plus personnel que son travail précédent et a pris forme alors que deux relations redonnaient de la couleur à sa vie, ce qui a fait évoluer le sens des chansons au cours du processus d’enregistrement. Ses paroles, en grande partie improvisées devant le microphone, semblent découvertes plutôt que construites. Avec son collaborateur régulier Marcus White, elle a façonné un son qui se situe entre l’indie folk de Clairo et les textures plus métalliques d’Oklou, enrichi de cordes, de cuivres et de piano reflétant sa formation classique. Le single principal est une alt-pop sublime, “Amiss” pose des questions vulnérables sur l’estime de soi, et “Beck n Call” et “Clay” donnent à son frère l’occasion de rapper. (Norman van den Wildenberg) (8/10) (Sub Pop)

Lightning Strikes – The King Is Victorious
Lightning Strikes est un projet ambitieux dirigé par le batteur Karpis Maksudian, qui a également produit l’album avec Roy Z. Le heavy metal classique aux fortes influences des années 1980 est interprété par un bataillon de super musiciens. Les guitaristes présents sur “The King Is Victorious” sont Roy Z (Bruce Dickinson/Halford), Rowan Robertson et Craig Goldy (tous deux de Dio), Rob Math (Leatherwolf), Dario Mollo (Voodoo Hill), Mark Zavon (Kill Devil Hill) et Takehiko “Shake” Kogure (Red Warriors). Comme claviériste invité, nous avons Derek Sherinian (Dream Theater/Black Country Communion/Sons Of Apollo). Les membres du groupe principal ne sont pas des débutants non plus. Le claviériste Michael T. Ross (Angel/Lita Ford), le bassiste Barry Sparks (Michael Schenker Group/Yngwie Malmsteen), le guitariste Norifumi Shima (Concerto Moon), qui joue avec une délicieuse vibe à la Michael Schenker, et le chanteur argentin Mariano Gardello, qui est le seul de ces géants encore relativement inconnu. La pochette montre un roi imposant et traduit visuellement ce que l’on peut attendre de cet album. Une musique glorieuse par des musiciens glorieux. (Ad Keepers) (8/10) (Rubicon Music)

Bonnie ‘Prince’ Billy – We Are Together Again
Sur son 31e album studio, Will Oldham revient à son approche “Louisville-first” après le très orienté Nashville “The Purple Bird”. Enregistré au studio End of an Ear à Louisville avec un grand ensemble de membres de la famille et d’amis musiciens, dont son frère Ned à la basse et son cousin Ryder McNair aux arrangements de cordes, “We Are Together Again” est son disque le plus symphonique à ce jour. L’album est structuré comme un diptyque: l’ouverture “Why Is the Lion?” et le morceau final “Bride of the Lion” sont deux versions de la même chanson, posées comme des questions métaphysiques sur la peur et la communauté. Entre les deux se trouve une collection de compositions folk avec des voix mêlées, de la flûte, de la harpe et des textures électroniques qui évoquent un sentiment d’humanité partagée. “They Keep Trying to Find You” est une ballade émouvante, “Davey Dead” combine harpes et cordes avec une histoire tragique, et “Strange Trouble” paraphrase David Bowie d’une manière étonnamment juste. (Anton Dupont) (8/10) (Domino/No Quarter)

Axel Rudi Pell – Ghost Town
Avec des riffs puissants et des mélodies accrocheuses, la légende de la guitare Axel Rudi Pell captive ses fans depuis plus de 35 ans. Son nouvel album s’intitule “Ghost Town”. Après l’instrumental “The Regicide” suit “Guillotine Walk”. Un homme est condamné à mort; en marchant vers l’échafaud, il repense à sa vie. Outre le jeu de guitare, il y a aussi de la place pour la mélancolie. “Breaking Seals” est un duo avec Udo Dirkschneider. “The Enemy Within” possède une introduction lente et surprenante. Les paroles parlent des démons intérieurs auxquels les gens sont confrontés. Le rythme s’accélère de nouveau dans “Hurricane”. Dans la power ballade “Towards The Shore”, on entend des notes de piano qui forment une belle harmonie avec la guitare. Le début instrumental de “Higher Call” est serein, les voix superposées sont calmement appropriées. L’intensité augmente, mais l’équilibre est préservé. Bien sûr, on entend beaucoup de guitare, avec divers détails récurrents. La musique présente des variations agréables de tempo et de volume, même si la construction est parfois prévisible. La voix rock de Johnny Gioeli correspond parfaitement à la musique. Tous les “ingrédients” ensemble forment un album rock agréable. (Esther Kessel-Tamerus) (7/10) (Steamhammer)

