GIMS arrêté à l’aéroport de Paris : blanchiment en bande organisée

"Maître Gims Cannes 2016" by Georges Biard is licensed under CC BY-SA 3.0

Gandhi Djuna, plus connu sous le nom de GIMS, rappeur franco-congolais de 39 ans et artiste le plus vendu en France en 2025, a été interpellé dans la matinée du mercredi 25 mars 2026 à son arrivée à l’aéroport de Roissy-Charles de Gaulle. Il a été arrêté par le service national des douanes judiciaires à la sortie de l’avion et immédiatement placé en garde à vue. Le motif : une enquête grave pour blanchiment en bande organisée.

C’est le Parquet National Anticriminalité Organisée, le PNACO, instance parisienne spécialisée dans la criminalité organisée, qui conduit les investigations. GIMS est entendu dans le cadre d’une commission rogatoire délivrée par des juges d’instruction. Son avocat, maître David-Olivier Kaminski, a indiqué ne pas souhaiter réagir dans l’immédiat.

C’est le site d’investigation Africa Intelligence qui a révélé l’affaire en premier, et les détails sont tout sauf ordinaires. Les juges parisiens enquêtent sur un réseau de blanchiment international et complexe, impliquant une multitude de sociétés spécialement constituées dans différents pays pour contourner la TVA et d’autres taxes françaises, émettre de fausses factures et blanchir des fonds provenant d’activités illégales. Cinq anciens trafiquants de drogue franciliens, reconvertis dans la criminalité financière, seraient déjà dans le viseur des enquêteurs.

Détail piquant : l’enquête s’intéresse notamment à un vaste projet immobilier de luxe à Marrakech promu par GIMS, baptisé Sunset Village Private Residences.

Le timing est cruel. GIMS était l’artiste le plus vendu de France en 2025, avec près de 600 000 exemplaires écoulés pour son dernier album ‘Le nord se souvient : L’odyssée’. De Sexion d’Assaut, le groupe avec lequel il a percé au début des années 2010, à une carrière solo jalonnée de tubes comme ‘Bella’ et ‘Zombie’ : GIMS a bâti un empire qui dépasse depuis longtemps ses seules frontières musicales.

Les autorités congolaises ont confirmé l’arrestation et ont indiqué avoir saisi le Quai d’Orsay pour obtenir des informations. Ce qui s’explique en partie par le statut particulier de l’artiste : le président Félix Tshisekedi avait remis à GIMS et à son frère Dadju un passeport diplomatique en janvier 2022, en qualité d’ambassadeurs de la culture congolaise.

Aucune mise en examen n’a été prononcée à ce stade. L’enquête est en cours. En droit français, la garde à vue permet un interrogatoire d’une durée maximale de 48 heures, renouvelable. Au moment de mettre sous presse, on ignorait encore si GIMS passerait la nuit dans une salle d’interrogatoire parisienne ou s’il serait libéré dans les prochaines heures.

Ce qui est certain, en revanche : l’homme qui s’est toujours présenté comme un entrepreneur autodidacte au toucher d’or a aujourd’hui bien d’autres questions à affronter que celles qui concernent son prochain album.